RENCONTRE D’UN SECOND TYPE 15°La suite...
15°.
Nous prenons congés de Claudine avec sa promesse de nous informer de la suite des événements.
Deux jours plus tard, je prends rendez-vous avec un laboratoire spécialisé dans ce domaine. Conseillé par mon médecin traitant.
Deux semaines plus tard, j’étais fixé Je ne comprenais rien à tous ces chiffres.
Je postais dés le lendemain sur mon parcours habituel le pli à Claudine.
A présent je n’avais plus qu’à attendre son coup de fil, sans montrer trop d’impatience au regard de ma femme.
Elle devinait quand même cette dernière par le nombre de fois où je tournais en rond dans la maison à griller cigarette sur cigarette, jour après jour.
Au bout de trois semaines, je trouvais le temps long mais je ne voulais toujours pas précipiter les choses. Le devoir de réserve s’imposait.
Par contre, cela ne m’empêchait nullement d’aller surprendre Albert sur le lieu de son école, caché toujours derrière mon compagnon l’arbre qui commençait à porter sur son écorce l’empreinte de mon épaule. Je me sentais déjà parti prenant dans cette affaire et je voyais ce gamin comme ma moitié. D’autant plus que les confidences de sa maman me portaient à croire que tout devenait possible.
Les jours passaient et aucune nouvelle de Claudine. Mon impatience grandissait ainsi que mon angoisse. Je devenais fébrile, le moindre coup de téléphone me faisait sursauter et à chaque fois je disais ‘ C’est Claudine... !’ Mais en vain. Je n’avais qu’au bout du fil soit ma banquière soit le préposé à un service quelconque. La moindre sonnerie à la porte me faisait bondir de mon fauteuil alors que rien ne le justifiait puisque je devais apprendre la nouvelle par téléphone.
Trois mois sans nouvelles. Je trouvais le temps long et je me refusais d’appeler Claudine.
Je lui trouvais mille prétextes pour conforter ce manque de nouvelle qui devait être dû sûrement au temps qu’elle passait avec sa maman, à son travail bref aux soucis que peut avoir une maman veuve et sans beaucoup d’aide. D’un autre coté, je me disais que donner par téléphone un résultat ne prend pas plus que quelques minutes, quelques secondes en tout et pour tout.
Ma femme Mireille est grande observatrice. Elle lui suffisait de plonger son regard dans le mien pour comprendre mon désarroi. Elle me déshabillait des yeux de haut en bas.
Sans rien dire, elle me faisait comprendre que tout vient à point à qui attendre.
Mais attendre trois mois, ce n’est plus attendre, c’est un flagrant délit d’oubli. De ma paternité. De ma paternité ?? Pensais-je, étant convaincu à présent que Albert ne pouvait ne pas être le fruit de ‘mon amour virtuel’ d’avec Claudine.
Je planais dans le plus beau des nuages. Mes jambes dansaient sur du gazon nuageux.
Comme à mon habitude, je me rendais donc voir Albert à son école.
9 heures. Je suis adossé à mon arbre. Une clope aux bouts des lèvres.
Je faisais le pied de grue. Point de Albert ni de sa maman.
9 heures 30. Rien. Le lendemain, il en fut de même. Le surlendemain aussi.
Je paniquais. Je ne résistais pas à l’envie d’appeler enfin sa maman pour demander la raison des absences de ‘mon fils’. Je me l’appropriais. Par pudeur, j’y renonçais.
A suivre.