
Alfred etait coiffeur a Sfax ; quand on entrait chez lui on chantait : Figaro ! Figaro ! Figaro !!!
Les pétarades.
Il etait spencer dans la chevelure, Alfred ! Il n’y avait pas deux comme lui pour les coiffures de mode, pour arranger les crans a la Elvis Presley ! Mon ami Moise Bouni se fessait coiffer par lui ! Et vous vous souvenez bien comme il avait de l’allure avec ses cheveux noirs bien ancres !
Bref, tous les gars bien de la ville venaient se faire une beautee chez lui ! Des Israelites, des Chretiens et des Musulmans, tous les Elegants avec un grand E venaient se faire dorloter par le maitre coiffeur ! Le maire de la ville lui meme ne se privait pas de ce petit plaisir, de se faire coiffer par lui !
Or, voila qu’un jour, juste quand il y avait bon monde, le maitre coiffeur ne fut pas maitre d’un gaz qui se degagea avec un grand bruit de son arriereֲ train ! Cela sent la vache enragee c’ecrias l’ un des hotes ! Alfred qui etait aussi timide que virtuose abandonna ses ciseaux, recula a petits pas, sortit de son salon de coiffure et prit la poudre d’escampette, honteux de son insolence. En Tunisie le pet n’etant pas tolere en public. c’est une grave offense. Personne ne l’a rattrape, personne ne l’a jamais revu, pendant des annees.
Mais les Sfaxiens n’oublient jamais : ils ont une si bonne memoire, ils se rappellent toujours les petits details, les moindres choses qui n’ont aucune consistance, qui ne se voient point, qui n’ont aucune couleur, on a parle de ce pet majestueux pendant des annees C’est d’ailleurs ce qui nous rattache nous les Sfaxiens, on parle de tout et de rien, une harissa nous donne le delire, et un passage a niveau nous rappelle un tas de souvenirs. Mais je reviens a notre coiffeur, qui parti a l’au-dela ne savait pas que son pet est ancre dans le souvenir des Sfaxiens, bien mieux que ses coiffures. Par exemple, on comptait les annees a partir de ce moment ou Alfred se degaga par megarde. Alfred erra dans le monde, desespere de sa carriere perdue, il arriva au Canada, se fit engager comme bucheron, travailla comme un damne. et il fit tant et si bien qu’il devint tres vite chef d’equipe et puis chef de chantier, et bientot il travailla a son compte. Trente annees passerent, Alfred plein d’argent, decide de revenir a Sfax, se courber sur la tombe de ses parents qui sont decedes pendant son absence, et aussi pour concevoir une possibilite de placer un capital dans une bonne affaire.
Ayant a peine atterri a l’aeroport de l’Aouina, il prend un taxi qui l’emmenne au centre de la ville. Il prefere descendre a hotel Mabrouk Palace. Apres une bonne douche, rase de frais et habille de facon sport elegante, il se rend a pied au Colibri prendre un aperitif. La place de la Municipalite lui arrache un cri de contentement. N’a-t-il pas reve de cet instant des annees durent ? Il traverse la rue, et decide en fin de compte qu’il prefere un cafe, et qu’il le prendrait volontiers a La Renaissance. "Je renais pense-t-il, je revis. Ah ! Je vous remercie Seigneur !"
Alfred fit le tour de la ville pendant trois jours, rentra au cafe Nour, se rendit chez les patissiers, se remplit le ventre de toutes ces douceurs qui lui manquaient tant , vit un film au Colise, alla a la vieille ville entouree de son enceinte, visita le marche aux poissons, sentit un frisson lui parcourir le dos, a la vue du port de peche, mais il decida de repousser son parcours touristique a plus tard. Le moment est arrive d’aller pleurer ses parents. Le remord le tortillait de les avoir prive de sa presence, de ne pas avoir participe a leurs funerailles. Voila la fete est ajourne.
Plonge dans son deuil retarde, aux pieds des tombes jumelles de ses parents, il apercoit une femme agee qui pleurait un proche. Des fleurs fraiches posees sur la demeure eternelle contrastaient avec le marbre ancien.
- Pourquoi vous desolez vous tant, demanda-t-il a la bonne dame ? Votre deuil ne semble pas recent, il faut reagir !
- Mais c’est mon fils, ne vous en deplaise !
- Est-il decede depuis longtemps ? demanda Alfred.
- Vingt neuf ans monsieur. Il est mort juste un an apres le pet majestueux d’Alfred le coiffeur qui a disparu depuis.
Alfred ne posa plus de questions. Dans cette ville, on n’oublie jamais rien. Ceci dit, il disparut de nouveau. Le souvenir de son pet le poursuit comme oeuil de Cain.
Mes amis, l’histoire d’ Alfred est racontee a Sfax dans des versions differentes, je ne sais pas laquelle est juste. Peut-etre que notre coiffeur ne se nommait pas Alfred ? peut-etre n’etait-il pas parti pour le Canada ? Tout est possible. Si mes lecteurs en savent plus que moi, je les invite a exposer leurs versions. Pour ma part, j’ai un peu arrange l’anecdote pour pouvoir la raconter, ne connaissant pas tous les details.
Le calendrier Sfaxien se compte a partir du pet du coiffeur, et avant .
Camus, je suis desolee je ne peux pas faire avancer le chmimblique ... je ne peux pas te renseigner a propos du coiffeur "Alfred" mais ceci dit ; tu m’as absolument eclatee de rire et je considere ca comme un cadeau pour shabbat !!!
UN VRAI KIF TES HISTOIRES !!
Je connais cette histoire sous une autre version..La conclusion..
’...Quand ce fameux coiffeur/pêteur après de longues annèes d’abscense revient dans son pays, il demanda à un jeune garçon, à sa descente du car, s’il connaissait l’échoppe de ce fameux coiffeur/pêteur( lui même ) et l’enfant lui répliqua ’Eye nââm , fel ZENKA MTA EL BASSASS.... !’
Il avait donnè, après son départ, à son insu,le nom de son ancienne rue grâce à sa pét arade...
Ce qui donne tout son sens à cette fameuse expression très connue..
’..Ouaq’tach nouliou cherfa ye baba.... ?’ ’...Hatta i moutou ouled el houme... !’
Vous savez il y a parfois des situations cocasses et celle qui m’est arrivèe, au tout début de mon voyage à Paris en est une.
J’avais 18 ans quand je débarquais pour la première fois à Paris mais avant celà j’étais à MARSEILLE, et bien entendu, je pris donc le MISTRAL, ce fameux train à compartiments de 6 places.
Je montais donc à la recherche de ma place et au bout de 20 minutes de marche à travers les corridors, je tombe sur mon compartiment. Il y avait un couple agè, le monsieur lisait et la dame bouquinait.
Je m’intercallais entre un ’campagnard’, un jeune homme et face à moi un jeune militaire, si mes souvenirs sont intactes.
Il faisait très chaud dans l’habitacle etau bout d’une demi heure, je me décidais à oter mon par dessus et restais bien sage les mains croisès sur mes genoux. Le MISTRAL prit son départ et je pus pendant de longues minutes apprècier par la fenêtre le paysage français qui defilait devant moi.
Tout à coup, une odeur de pet fort reconnaissable à mon odorat, je suis un habituè des ’gams’, se propagea dans le compartiment chauffè à blanc.
Une odeur que je ne vous dis pas, une boule puante. Et je ne sais pas pourquoi tous les regards se tournèrent vers moi ; avaient t il compris que j’étais étranger , tune goulettois en plus... ? Ces connards.. ?’je me suis dis dans ma tête ’ Mais bon sang, pourquoi me regardent ’ils comme ca’... ?’ Alors que je ne suis pas le pêteur ourass shiffer toura... Ce fut pour moi un moment dramatique, tragique.
Je décidais sur le champ de proclamer haut et fort mon innocence, puis me ravisant, je restais à ma place, me souvenant de cette fameuse exprèssion goulettois ’LE PREMIER SENTEUR ET LE PETEUR...’
J’avais honte et chaud. Cette situation me mettait mal à l’aise d’autant plus que les regards se faisaient encore plus perçants.
Je baissais la tête en me disant en mon for interieur...’ ALORS COMME CA LES FRANCAIS PETENT....MERDE... !’ Moi qui avais une bonne impression d’eux voila que je découvre cette belle FRANCE POLIE DE MON ENFANCE...PETEUSE....JAMAIS JE NE POUVAIS PENSER QUE CES NOBLES PETAIENT COMME TOUT LE MONDE.... ! Bref, mon compagnard se leva et ouvrit d’un geste violent la porte libérant le gaz dans le couloir il nous regarda et dit...’ BANDE DE COCHONS...’ Enfin, je n’étais pas le seul cochon mais 5 , mon honneur était sauf.
Qd après mon séjour je revenais à la GOULETTE, je disais à ma grand-mère.. ’..YE MEME TAREF ENTI ELLI IL FRANCISE EL BESSOU.... ?’ Elle me dit...
’..I BESSOU I KHRAW....OU I TGARYOU... ( ILS PETENT, ILS CHIENT ET ILS ROTENT... !’
Je compris ce jour là que la FRANCE était comme tout le monde, comme moi...