Histoires de rabbins : Abraham, Isaac et Khamous.Maman qui a trouve que la visite du rabbin n’etait pas sans raison demanda tout a coup, et jai senti mon coeur defaillir.
— Mon fils etait an classe ?
A l’age de deux ans maman m’emmena a l’ecole rabbinnique (le koutab) de Rabbi Isaac surnomme Bekhor (l’aine) parcequ’il etait le plus age de ses freres. Apres deux mots echanges avec moi, je rentrai dans un mutisme ce qui me vala de reporter a l’age de cinq ans, le debut de mes etudes judaiques.
Ainsi en meme temps que la maternelle, je commrncai a prendre des cours chez Rabbi Isaac. J’adorai ce rabbin. Il etait si gentil avec nous que c’etait un plaisir d’etre son eleve. J’avancai bien, et il etait satisfait de mes progres. La renommee du rabbin lui apportta des nouveaux eleves du quartier de Moulinville. Le nombre des eleves le poussa a ouvrir une deuxieme classe. Pendant les vacances scolaires, nous etions au koutab toute la journee, ce qui liberait nos parents du devoir de nous occupper, et ils pouvaient se consacrer aux taches journalieres.
Rabbi Isaac etait aussi bijoutier, le salaire d’instituteur rabbinique n’etant pas fructueux. C’est alors qu’il prit un associe Rabbi Khamous, le rouquin. Rabbi Khamous tenait les deux classes pendant l’absence de Rabbi Bekhor qui sortait pour effectuer son second metier. La tactique de Rabbi Khamous etait simple : Il nous assemblait et nous racontait une histoire, une legende ou une aventure. Comme il avait le don inne de conteur, il nous tenait en haleine pendant une heure.
L’apres-midi c’etait Rabbi Khamous qui sortait pour exercer son metier secondaire, egorgeur de poules et de moutons, et il etait demande de partout. C’est alors que Rabbi Isaac le suppleait : il nommait des surveillants parmi les anciens qui se faisaient un plaisir de servir de moniteurs. On se plaisait si bien dans cet institut, que la recreation de midi pour le repas et la sieste nous semblait trop longue.
Plus tard, ces deux rabbins se retirerent de l’intruction et laisserent la place a Rabbi Abraham. Ce dernier etait habille d’un eternel manteau de style ecossait, tres voyant avec ses couleurs vives rouge et noire, ce qui etait rare a l’epoque.
Ses methodes pedagogiques rappelaient celles de M. Cachat en plus severe. Son bouc emissaire etait Lalou (Bismuth, je crois) qui recevait des coups a longueur de journee. Son arme favorite etait un mouchoir noue, celui qui se trompait recevait un violent coup de noeud de mouchoir sur la main. La punition extreme etait la falouka : l’eleve puni etait lie aux chevilles, et il recevait sur la plante des pieds des coups de baguette, dont le nombre variait selon la gravite du delit. Mais cette punition etait en mesure dans des cas rares.
Je fus puni moi-meme, pour la bonne raison que mon petit frere Simon est tombe du banc ou il etait assis. Rabbi Abraham n’a pas voulu entendre ce que j’avai a dire pour ma defense : Je n’etais pas sur les lieux, j’etai sorti sur son ordre appeller le parent d’un eleve turbulent.
Ce n’est pas etonnant qu’un jour j’ai chtrate le cours. J’ai tourne toute la matinee, pour revenir a la maison a midi. De meme l’apres-midi, et de meme le lendemain.
Le soir du lendemain, je vis avec effroi le manteau ecossait du rabbin dans le quartier,
et peu de temps apres, Rabbi Abraham fit son entree chez nous. Je tremblai de peur. Mais le rabbin ne fit aucune allusion a mon absence et je lui fus gre. Il s’assit, demanda un cafe a maman, une cigarette a papa et il ouvrit un livre et se mit en devoir de me faire des repetitions.
— Miha, ton fils fait des grands progres, depuis qu’il est chez moi. C’est un plaisir de l’instruire.
Des progres pensai-je ? Mes couilles, oui. Depuis que Rabbi Isaac est parti, j’ai perdu de mon assurance, et j’ai commence a m’embrouiller, et a bafouiller dans la lecture des Lettres Saintes. Maman qui a trouve que la visite du rabbin n’etait pas sans raison demanda tout a coup, et jai senti mon coeur defaillir.
— Mon fils etait an classe ?
— Quand ? Aujourd’hui ou hier demanda le sournois ?
— Hier et aujourd’hui, demanda maman. Les oreilles de papa se dresserent, les miennes rougirent. J’aurai voulu que le sol se derobbe sous moi.
— Je ne mentirai pas. Mais a condition que vous ne touchez pas ce pauvre gosse repondit le sadiste. Ni hier matin, ni hier apres midi, ni ce matin, ni...
Il ne pouvait me faire un rabais. Pourquoi cette mechancete ? Je ne vous dirai pas la punition a moi infligee sur le champs, je ne rapporterai pas... ni la punition ni le reste. Mais j’ai compris pourqoi Freddy ne l’aimait pas ce rabbin si severe.
Pourtant la chance sourit a rabbi Abraham. Quand sa fille ainee se maria, il lui acheta comme cadeau de noce un dixieme de loterie nationale. Et devinez qui a gagne le dixieme du gros lot ? Oui, la fille ainee du rabbin. Ce rabbin qui par avarice devint un saint que le ciel rembourse. Et quant la cadette du rabbin se maria trois ans plus tard, devinez ce qu’il lui a offert comme cadeau de noces ? Vous donnez votre langue au chat ? Eh bien ! Elle a recue comme dote un dixieme de loterie nationale. Et vous savez qui a gagne le gros lot ? C’est... la cadette du rabbin. Alors si quelqu’un me dit que Rabbi Abraham n’avait une ligne directe avec la chance, alors il aura tort.
Niki, nous avons la nostalgie de notre enfance, c’est pourquoi nous parlons de toutes ces histoires.
De mon cote, j’etai si sage que j’ai recu peu de coups, mais Nathan , Freddy et d’autres ont deserte l’etude.
A Gabes c’etait pire que Sfax. En vacances chez mon oncle, on m’a envoye a l’etude a la synagogue, j’etai le temoin d’une scene ou un pauvre garcon a recu des coups de verge sur la plante des pieds. J’etai tellement effraye que je me suis sauve.
Mais mon premier rabbin etait si gentil, que j’aimerai qu’il soit encore en vie, pour aller le voire.
je suis geoges hayed,plus connu comme georgie. fils de ba-hay.je suis chez mon ami de toujours freddy,qui m’a invite a connaitre tunecity.mon temoignage paraitra donc sous son pseudo.
l’histoire de camus et les commentaires qui l’ont suivi m’ont ramene cinquantes ans en arriere.
influence et aide par un ami un peu plus age que moi .je m’etais confectionne une fronde,et nous sommes alles tous les deux a la chasse aux oiseaux,(sans succes d’ailleur).bien entendu j’avais seche le cour de rabi masliah.
le lendemain sa grandeur rabinique m’a demande la raison de mon absence.
avec la candeur et l’innocence de mes huit ans ,j’ai repondu que j’etais a la chasse aux oiseaux.
retourne a la maison et revient avec un de tes parents
je revint donc avec ma mere.
celle ci demanda la raison de sa convocation.
votre cher fils au lieux de venir a son cour a prefere aller harceler les pauvres moineaux.
sa reponse fut deux mots menek li(traduction libre faite en ce que vous croyez bon).
il ne se fit pas prier ma mere partie .sous ses ordres deux gaillards m’on renverse sur le dos ,et apres m’avoire hotte les chaussures,en maintenu fermement mes chevilles,en lui presentant la plante de mes pieds.
c’es alors que survint la branche d’olivier decrite par freddy.et je recu la bastonnade de ma vie.
a la fin du cour la route vers la maison me paraissait sans fin heureusement qu’un ami s’est propose de me prendre sur le porte bagage de sa bicyclette.
en rentrant furieux,j’ai lance cette phrase a ma mere.dorenavant s’il y a quelqu’un qui doit aller a la synagogue se sera toi.moi j’ai fini aujourd’hui avec mes etudes de thora.
et il en fut ainsi
PS :bien le bonjour a camus nathan viviane et a tous les sfaxiens qui me reconnaitrons
Bonsoir Georgie, il y a tres longtemps que je ne t’ai pas vu, et la prochaine fois que Freddy vient a Beer cheva, viens donc avec lui, cela nous fera enormement plaisir a Vivi et a moi.
Je me rappelle de ton papa et de sa voix d’or. J’aimai beaucoup l’entendre a la synagogue de Shoushan a Moulinville et a Dimona.
Je me rapelle d’une anecdote bien bonne : Rabbi Khamous Touitou nous lisait la Thora. Comme il avait le sens de l’humour, il invita mon oncle a monter a la thora, et il l’ interpella ainsi : " Je demande a la Thora monsieur Hminou Allouche qui monte en bicyclette le chabbat."
Cela lui vala un reproche bien merite de Nessim Cohen, Le president de la synaguogue.
Tout d’abord Mr Berguig, un vieil homme aveugle et pétri de bonté qui habitait dans l’immeuble Cohen et qui donnait des cours bénévolement
Puis Mr Allouche, un vieil homme d’apparence très sévère, chez qui j’allais au Keteb à la synagogue Edmond Azria
Enfin Mr Masliah qui m’a préparé, en accéléré, à ma Bar Mitsva.
J’etai trop jeune pour connaitre Rabby Issac et Rabi Khamous, mais j’ai eu la malchance d’etre l’eleve de Rrabby Masliah Braham, ainsi qu’on apellait Rabby Abraham.
Qui ne souvient pas de son mouchoir noue et de son dwusieme mouchoir mouille de mauve ( hanana ) et sali de tabac qu’il demandait aux enfants a mettre a secher sur un banc dans la cour.
Quel refrain nbous enseignait-il ?
eiayesh rebeina lei kaad ei salouat feina !
traduction libre : vive notre rabbin qui nous grille comme un lapin.
Il m’est arrive un jour revenant de Tel-aviv en bus, de voir une veste ecossaise de la fenetre quand le bus s’arretat a une station de Kiryat-Gat (ville entre Tel_aviv et beer-Sheba). Quel frayeur j’ai eu quand j’ai reconnu Rabby Abraham. Aujourd’hui son fils est lui meme et rabbin et prof de math wt il dirige une sinagogue a Kiryat-Gat. Mon frere Herzl lui meme prie chez lui, quand il visite sa belle mere.