L’histoire de Pourim

  • Auteur(s) : vanille94
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  • Publié le : mercredi 3 mars 2004

En bref

L’amour du prochain, la fraternité entre juifs sont un "bouclier" devant les menaces d’Amelec.


Le livre d’Esther relate comment, grâce au courage d’une jeune femme juive, Esther, qui était devenue l’épouse du roi Harachberoch (Assuérus), secondé par son oncle Mordékhaï et la ferveur des juifs, le peuple put échapper au plan d’extermination qu’avait ourdi contre lui Aman. "Les juifs reconnurent et acceptèrent pour eux, pour leurs descendants et pour tous ceux qui se rallieraient à eux l’obligation immuable de fêter ces deux jours-là, suivant la teneur des écrits et à la date fixée année après année, de commémorer et de célébrer ces jours de génération en génération... (Esther, IX : 27, 28).

A la suite de la destruction du premier Temple de Jérusalem, nombre de juifs immigrèrent vers la Babylone antique et s’y installèrent. A cette époque l’empire babylonien rayonnait sur toute la région. Le Roi de Babylone, Harachberoch (Assuérus) avait pour Premier Conseiller Aman qui avait en charge toute l’administration du royaume. Celui-ci avait envers les juifs, qui refusaient de s’incliner devant nul autre que D., des sentiments peu louables. Ils faisaient l’objet de nombreuses brimades et discriminations de sa part.

A l’époque le chef de la communauté juive, était Mordékhaï, il menait la lutte contre le régime discriminatoire qui était imposé par Aman aux juifs. Pour Aman, ce dernier était l’ennemi public numéro 1 qui bravait ses ordres et décrets.

Mordékhaï était le cousin d’Esther. Cette dernière était d’une beauté incroyable. Beauté qui ne laissait indifférents ni les juifs ni autres habitants du royaume. Esther était très affectée des brimades que subissait son peuple. Un jour, elle apprit que le Roi recherchait une épouse, et que pour l’occasion, il avait convié les plus belles femmes du royaume à venir danser devant lui.

Esther, consciente de sa beauté, décida de participer au concours et ce, malgré le refus de Mordékhaï. Elle était persuadée que la seule solution pour atténuer le malheur de son peuple était de devenir Reine et épouse de Harachberoche.

Le plan imaginé par Esther fonctionna à merveille. Le Roi n’eut aucun mal à choisir son épouse. Esther était la plus belle et la plus gracieuse des femmes qui se produisirent devant lui.

Depuis qu’Esther était devenue Reine de Babylone, elle n’hésita pas à intercéder auprès du Roi pour aider son peuple à vivre mieux dans son exil. Ces interventions sans cesse répétées irritèrent au plus haut point Aman, qui y voyait de véritables limitations à son pouvoir. Dans le même temps Mordékhaï déjoua un complot contre le roi sans que celui-ci ne l’apprenne.

Aman voyant son influence auprès du Roi décroître entreprit une véritable politique d’extermination des juifs vivants dans toutes les provinces du royaume. Il arrêta plusieurs fois Mordékhaï et le jeta en prison. Mais à chaque fois Esther jouait de son influence auprès du Roi et obtenait l’annulation des décrets pris par Aman.

Excédés, Aman et ses collaborateurs envisagèrent de procéder à l’extermination de tous les juifs du royaume et de pendre Mordékhaï. Mais ce projet arriva jusqu’aux oreilles de quelques compagnons de Mordekhai qui, une fois averti, partit prévenir Esther.

La Reine comprit immédiatement qu’il fallait en finir avec Aman. Elle demanda à tous les juifs d’observer un jeûne de trois jours pour exprimer leur ferveur à D.. Elle organisa un festin ou elle invita le roi et son conseiller Aman. Le roi ne pouvant trouver le sommeil par la suite demanda lecture des annales du royaume. Il apprit alors que Mordekhai lui avait sauvé la vie. Il demanda alors si ce citoyen si bienveillant envers lui avait été récompensé. Il apprit que non seulement rien n’avait été fait pour Mordekhai, mais qu’en plus celui-ci devait être pendu le jour de l’extermination des juifs. Le Roi surprit Aman dans la cour du palais. Il lui demanda ce qu’il convenait de faire pour honorer le plus loyal de ses sujets. Aman pensant qu’il s’agissait de lui, indiqua que le seul honneur digne d’un tel exemple fût de le traiter comme un prince. Le roi lui demanda également ce qu’il devait faire pour punir quelqu’un qui voudrait attenter à sa vie. Sans hésiter il lui dit que la potence dressé sur la place de la ville serait un juste châtiment. Le roi l’écouta. Alors qu’il devait être pendu sur la potence dressé la veille par les sbires d’Aman, Mordekhai fut habillé des plus beaux atours du roi et parada sur son cheval pendant qu’Aman fût pendu et sa descendance et ses complices massacrés.

Une nouvelle ère de paix et de prospérité commença alors pour les juifs de Babylone.

La fête de Pourim est le 14 Adar, et est précédée la veille, du jeûne d’Esther, en souvenir des trois jours de jeûne observés par Esther et tous les juifs avant que cette dernière n’aille demander grâce au roi pour son peuple. A l’issue du jeûne, après l’office du soir, on lit à la synagogue le livre ou le rouleau d’Esther (mégilat Esther), lecture renouvelée le lendemain matin. Au nom exécré de Aman les enfants agitent leusr crécelles et font du bruit.

Il est d’usage d’envoyer, le 14 Adar de menus cadeaux aux proches et aux pauvres : "C’est pourquoi les juifs (...) font du quatorzième jour du mois d,Adar un jour de joie, de festin, un jour de fête, et s’envoient réciproquement des cadeaux. (Esther, IX, XIX).

Pourim, qui signifie "sort" est la fête du renversement : renversement de situation pour les juifs, inversion de l’ordre ordinaire lorsque Aman, le puissant conseiller, est contraint de faire honneur au simple juif Mardoshé, en le promenant vêtu des plus beaux atours du roi ; celui qui devait être tué est honoré (Mardoshé), celui qui devait être honoré (Aman) est tué. Ainsi, se sont installés des usages conformes à l’esprit de cette fête ( jeux de hasard, déguisements, etc...). On se départit du sérieux habituel, et on prend même le contrepied de certaines habitudes : dans un passage du traité talmudique Méguila, il est conseillé de s’énivrer jusqu’à ne plus savoir si on est en train de bénir Mardoshé ou de maudire Aman.

H’ag Saméakh et joyeux Pourim.

  • > L’histoire de Pourim, le 3 mars 2004, par Annibal

    En complément du très joli texte de Vanille, que je félicite, il ne faut pas oublier qu’à Pourim, on lit la Méguila (Livre d’Esther.)
    Quand le nom de Amam est prononcé pendant la lecture, il est d’usage que les enfants agitent des crécelles en signe de désapprobation.
    Il est d’usage aussi d’expliquer pourquoi le Roi Assuérus a jeté son dévolu sur Esther.
    Esther, contrairement aux autres prétendantes, bien que désirant ardemment cette union, s’est montrée détachée, et à la façon dont elle s’est exprimée, à sa tenue, à son allure, le choix du roi a été immédiat.
    C’est un peu pour cela également, que l’on conseille de chanter la Méguila avec l’air qu’il convient afin que le sens réel de chaque passage soit clair.

    On raconte une histoire célèbre, mais qu’il est bon de rappeler pour illustrer ce qui précède.
    Un père illettré, ayant reçu une lettre de son fils qui étudiait dans une ville lointaine, est allé chez son voisin pour en savoir le contenu.
    Cet ami, étant de caractère bourru, a lu la missive sur un ton autoritaire et sec :
    -Papa, envoie-moi de l’argent !
    Le père revient offusqué et déclare à sa femme :
    -Un tel fils ne mérite pas un seul sou.
    La maman tendre et compatissante, a déclaré à son mari :
    -Je suis sûre qu’il y a une erreur. Allons chez mon amie.
    La voisine était très douce et sereine, et c’est sur un ton poli et suppliant qu’elle a lu la lettre de leur fils :
    -Papa, envoie-moi de l’argent.
    Le père s’est alors écrié :
    -Il a demandé comme il le fallait. Viens ma chère femme, allons vite au bureau de poste pour envoyer un beau mandat à notre fils.

    Voici un autre exemple et celui-ci, très réel de la puissance irrésistible du " ton "que l’on donne à chaque mot.
    Il y avait dans une certaine famille un jeune enfant gâté et indiscipliné au plus au point.
    Il n’écoutait jamais sa maman et n’obéissait à aucun ordre.
    Il avait de plus, la mauvaise habitude de boire directement au goulot des bouteilles de limonade.
    Sa maman a fait une fois une erreur fatale en transvidant dans une bouteille de boisson gazeuse une certaine quantité de javel afin que ce soit plus pratique pour elle.
    Un jour, en revenant du marché, elle aperçoit son fils avec la fameuse bouteille de " limonade javel ", qui s’apprêtait à boire directement au goulot.
    C’était une question de secondes
    Elle s’est mise à crier " NON !" et... miracle... l’enfant a posé la bouteille et a été sauvé.
    Après s’être remise de ses émotions, et avoir loué le tout-puissant pour sa bonté, elle est allée consulter plusieurs Rabbins et même de grands pédagogues.
    Elle voulait une explication.
    Elle a affirmé que chaque fois qu’elle disait non, son fils n’a jamais obéi sauf cette unique fois.
    Il s’est avéré que ce n’était pas une femme assez énergique et constante dans l’éducation de son fils, qui percevait au-delà du "non oui !"
    Mais cette fois, la chanson était différente : c’était non ! L’air était non ! La mélodie était impérativement non ! Non ! L’enfant, ayant perçu très clairement le message s’est immédiatement exécuté.

    Bonne fête de Pourim, fête de la joie, de la liberté, de l’amitié entre tous !

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