LA VENGEANCE. Récit policierDepuis cet incident, l’instituteur eut à subir plusieurs méfaits ; crevaisons de pneus de voitures, détériorations à répétition de sa serrure de porte de voiture et de maison.......
Maître Arnaud est enseignant dans un lycée de banlieue ; dans les premières classes secondaires. Il a 38 ans, est professe depuis 15 ans. Il est très apprécie par sa hiérarchie, tant par son dévouement, son sérieux et sa probité. Il bénéficie d’ un casier judiciaire vierge chez son employeur, l’Education nationale.
D’un calme olympien, il lui arrive rarement de se démonter contre les perturbateur ; ces quelques troublions qui troublent ses cours par des séances de chahut et de vacarme. Le jeune Siegfried, 13 ans, en était une de tête brûlée ; chef de bande pendant les récrés, meneur de jeu dans son quartier. Ses petits copains le craignaient. On l’avait surnommé le Cogneur et ça lui plaisait.
Un matin, excédé par ses turbulences, Maître Arnaud, perd son self control, et le gifle devant tous ses amis. Le gosse encaisse sans réagir à l’affront qu’il va ruminer.
L’affaire fit grand bruit, et l’instituteur fut blâmé pour ce fait alors que le _ ‘morveux’ était déjà ciblé et criblé de sanctions, pour mauvaise conduite et voies de fait sur des élèves pendant les récrés. Qu’importe l’adulte est sanctionné.
Depuis cet incident, l’instituteur eut à subir plusieurs méfaits ; crevaisons de pneus de voitures, détériorations à répétition de sa serrure de porte de voiture et de maison, tags sur son véhicule, coup de téléphone et insultes la nuit, bref toute la panoplie du harcèlements qui lui ôtait le goût de continuer à travailler dans ce lycée. Il en parla à sa direction qui, dans un souci d’apaisement, et sans le soutenir, accepta son éventuelle démission. La police fut aussi informée de toutes ces dégradations mais fit la sourde oreille. On lui conseilla de déménager. Il encaissa les coups, réparant à chaque fois les dégradations. Il en connaissait les auteurs mais n’avait aucune preuve. De guerre lasse il dut se résoudre en premier lieu à protéger ses biens, tant bien que mal.
Par contre, il décida d’annuler sa démission. Il avait réfléchi entre temps à un plan. Il décida de composer avec le jeune Siegfried, préférant une stratégie d’approche en douceur que plutôt un combat quotidien de front qui ne le mènerait à rien. Il convoqua juste après un cours de maths, le jeune garçon, en tête à tête.
‘...Siegfried, je regrette la gifle et je m’en excuse, j’ai perdu mon self contrôle et je voudrai réparer à ma façon cette bévue... !’
Le jeune garçon écoutait, en affrontant le regard de son maître...
‘...J’ai une proposition à te faire... ! Tu as des lacunes en français et si tu veux, je peux t’aider en te donnant, à l’insu de tes copains des cours de rattrapage gratuitement bien sur, tous les dimanche si tu veux.... !’
‘...Je veux bien, mais j’ai match de foot le matin.... !’
‘...Après ton match, tu viens chez moi, j’habite juste à côté, tu connais ma maison... ?’
‘...Je dois en parler à mes parents... !
‘...Surtout pas, Il faut que cela reste entre nous, ce sera notre secret. Ils jugeront d’après tes notes mensuelles tes progrès et ensuite tu leur en parlera.... !’
‘...Ok.. ! On commence quand.... ?’
‘...Cette semaine, dimanche... !’
Ils se serrèrent la main et la hache de guerre fut enterrée.
Siegfried, à 12 ans, était assez grand pour son age, robuste et beau gosse. Mais légèrement immature. Il parlait plus avec ses poings qu’avec sa cervelle. Le premier fameux dimanche arriva. Le jeune garçon, vêtu en short et sentant la transpiration, sonna à la porte de son maître. Vers les 13 heurs Arnaud l’attendait.
‘...Bonjour Siegfried, rentre, ne te gênes pas, tu veux te doucher... ?’
‘...Non merci, j’ai pas eu le temps de le faire, au club, mais la prochaine fois, je prendrais mes dispositions maître... !’
‘...Tu peux m’appeler Arnaud, si tu veux ... ! Cela ne me gêne pas, mais pas en classe, je ne veux pas que nous ayons quelques familiarités devant eux, tu sais comment sont les enfants s’ils s’aperçoivent que je fais des préférences... !’
‘...Ne t’inquiètes pas, je serai muet comme une tombe.. !’
‘...Bon mettons nous au travail.... !’
Ce premier cours fut un succès, l’enfant était assidu. Le cours dura une heure trente. Le courant était passe entre eux. Le second cours et les autres furent empreints d’échanges et d’anecdotes fort sympathiques. Arnaud offrait souvent un soda, une petite gâterie à l’enfant tout heureux par ces petites marques d’attention.
Au huitième cours... Arnaud se positionna derrière la chaise de son élève...
‘...Tu sais, j’aime les garçons qui ont du caractère, et toi tu en as... !’
Siegfried ne dit rien, préférant conjuguer ces verbes à tous les temps...
‘...Si tu veux, je t’invite à la nouvelle piscine nouvellement ouverte du côté de Mantes La Jolies, là bas personne ne nous connaît, qu’en penses tu.... ?
‘...Et le cours... ?’
‘...Nous le rattraperons Mardi, si tu peux... !’
‘...Ok... !’ Je veux bien, j’ai pas les moyens d’y aller et mes parents sont de conditions humbles... !’
‘...Je comprends.... ! Tiens, je veux t’offrir un petit cadeau, juste une babiole... !’
Arnaud, ouvrit un petit écrin, et le jeune Siegfried, découvrait une joli médaillon gravé à son nom...
‘...C’est pour moi.... ?’
‘...Oui, par sympathie et surtout pour te récompenser de tes efforts, mais toujours un secret... ! Ok ???
‘...Oh oui oui... ! Bien sur... ! Merci... !’
‘...Tu ne m’embrasses pas... ?’
‘...Oui, bien sur... !’
A suivre...
NB : Tous les évènements cités ici sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat.
ALBERT SIMEONI
HAMMAMET....LE 15/7/2004.