
Je fais quelques pas en avant et elle m’apparaît dans toute sa beauté : elle porte un déshabillé d’une teinte bordeaux bien chaude. Sa tunique s’ouvrant au cou découvre une poitrine superbe. Elle me sourit de toutes ses dents et de ses lèvres émouvantes.
— Avances Omer ! Qu’attends tu ?
Je la regarde, mon cœur bat la chamade, je me sens devenir fou. Je la tiens par les épaules, la regarde droit dans les yeux et lui dis d’une voix mal assurée :
-- Isabelle qui es-tu ? Toute cette richesse et ce luxe ne proviennent pas de ton travail au bureau de huit à quatre heures ?
— Maladroit ! Tu apprendras bien vite à me parler autrement ! Quel ton ! Omer ?
Elle retourne au tapis qu’elle tisse avec adresse et dextérité. Elle demande deux cafés que nous sert un steward en veste blanche crème. Les tasses sont posées sur une petite table, des croissants croustillants les accompagnent près de petits fours et du lait frais.
— Du sucre chéri ?
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Ô Isabelle ! |
— Non, tu es déjà toute douce comme miel. Je bois le café amer. Je ne voulais pas te vexer, tu sais ?
— Je vais te raconter mon histoire : Je suis venue dans cette maison demander un emploi, comme femme de chambre, servante ou gouvernante. Les deux vieux époux qui m’ont accueillie sous leur toit ont vite découvert mon violon d’Ingres, la peinture, le tissage et d’autres penchants artistiques. Ils m’ont considérée comme une des leurs et ont décidé de subvenir à mes études à l’école des beaux arts Bezalhel, a Jérusalem.
Voila, je suis devenue leur décoratrice et je gagne bien ma vie. J’ai commandé des travaux qui ont transformé leur villa en castel.
Je me sens d’un coup tout penaud, mais Isabelle me pose un tout petit baiser sur la bouche, avant de me raccompagner. Sa blouse s’entrouvre un peu plus, comme m’invitant a des plaisirs qui banniront mon âme a jamais et flétriront le cœur de Lucie, ma fidèle et douce compagne depuis quinze ans.
— Ton tapis est très beau, c’est un travail parfait, les couleurs sont bien choisies. Je m’y connais dans la matière.
— Je suis au courant. Je sais tout ton passé, ton présent et ce que tu feras dans l’avenir. Je suis abasourdi. Quelle maîtrise ! Je n’ai pas le temps de répliquer qu’elle ajoute :
— Chéri, prête moi mille euros que je te rendrais bientôt avec le reste de ma dette ?
Je m’exécute sur le champ. Si ces sommes ne reviennent pas vite, j’aurais des comptes à rendre à Lucie et ça risque de barder.
Qui est Isabelle ? Une artiste peintre ou une quêteuse d’aumônes ?
" Tu devras t’éloigner, prends tes jambes à ton cou ! " Me dicte mon ange gardien.
Le Satan de son coté me lance des piques : " Alors Casanova, tu as perdu ta virilité " ?
Je n’arrive plus à dormir, si le diable s’en mêle ? Je perds l’appétit, les remords me tenaillent. Je décide de fréquenter la synagogue, la prière et le repentir calmeront sans doute mon cœur meurtri et mon esprit errant comme une brebis perdue. Le Seigneur Berger d’Israël, me ramera-t-il au troupeau ? Ah ! Freddy ! Que ferais tu a ma place ?
Les rencontres avec Isabelle se répètent et avec eux les mots doux suturés dans mon oreille, la passion brûlante, les prêts sollicités et avec eux mon désarroi qui s’accroît.
Le vendredi mon épouse prend le train pour le Nord pour une visite chez nos enfants. J’aurai voulu l’accompagner, effrayé de rester seul avec mes folles pensées, mes désirs et mes tentations, mais une affaire pressante m’a retenu.
Mais est-elle si urgente ?
Omer restera seul à la maison. Comment organisera-t-il son week-end ? Le passera-t-il chez la voluptueuse Isabelle ? Passera-t-il outre ses scrupules ? Ne ratez pas notre prochain épisode.
(A suivre)