LE HARKI 3
Récit policier.
Albert Siméoni
Paris le 19/08/2004
Rappel : Les évènements narrés dans cette nouvelle ne sont que pure imagination et ne constitue en cas un plagiat de quelle œuvre que ce soit.
LE HARKI III.
Résumé : Bouzid, harki sort de prison après 25 ans d’incarcération pour le meurtre de sa femme HONORINE. Ses enfants, bien jeunes à l’époque, Myriam et Rachida sont prises en charge par la DDAS. Il n’a aucune nouvelle d’elles. Il décide de retourner dans son quartier. Il fait la connaissance dans un bistro d’un ancien commis, du temps où il était patron de sa petite boutique de maraîchers, Hamid. Ce dernier lui offre le logis et le couvert. Il promet de l’aider.
Il ingurgitait son lait quand la porte du studio s’ouvrit, c’était Hamid...
‘...Alors Bouzid, ça se passe... ?’
‘...Je ne saurai comment te remercier Hamid, vraiment même un frère n’aurait pas fait cela à mon égard , et toi tu m’offres non seulement le gîte mais aussi le couvert... !’
‘...Tu as oublie ta gentillesse envers moi, alors , je ne fais que rembourser ce que tu me dois... !’
‘...Mais je l’ai fais ââla sidi RABI... ?’
‘...Ben moi aussi ââla sidi RABI... !’
Ils se mirent à rire un bon coup. Cela faisait un bail que Bouzid ne riait plus. Il avait perdu cette émotion depuis le premier jour où il fut menotté et emmené devant tous les voisins de son quartier , sous leur regard qu’il jugea haineux ; Leurs paroles revinrent à ses oreilles..
‘...Bouzid assassin... !’
‘...Sale bougnoul... ! Tu auras ce que tu mérites... ! Tu crèveras en prison... !’
Ces mots qu revenaient comme un leitmotiv, pareils à des vagues rageuses qui venaient déchirer le fond de ses deux pavillons ( ses ouïes). Chaque soir, il en faisait des cauchemars d’autant plus que ces mots, durs comme la pierre, venaient de son voisinage le plus proche alors qu’il se savait innocent de ce qu’on l’accuse. D’un voisinage qu’il crut pacifique apparemment mais qui cachait une grande hostilité, une grande haine refoulée et qu’il vomissait à présent qu’il était _ ‘coupable’ de la mort de sa femme française. Cette haine qui ressemble à cette bave sortie par petites giclées des crocs de chiens devenus soudain enragés.
C’est extraordinaire comme ce sentiment _ ‘noble’ caché durant de longues années se découvre chez des gens apparemment _ ‘paisibles, biens , éduqués’ mais qui se dévoile souvent, non pas en se regardant dans la glace, mais lorsque un fait marquant, des circonstances bien précises, concourent à démasquer ce type de personnage au demeurant bien tranquille.
Il suffit d’une situation pareille, comme celle de ce malheureux Bouzid, pour que tout un quartier vomisse par leur langue de ‘racistes’ leurs excréments, leurs médiocrités d’esprit qui sommeillent dans leur prison sécrète, leur âme, et qui ressort lors d’un évènement pareil.
A croire que cette haine, dans laquelle ils ont vécu depuis leur jeune âge, constitue une sorte
d’exutoire, un défoulement qui leur sert de jouissance pour acquitter leur bonne conscience...Cette expression qui vaut , pour eux, un satisfecit n’ait en réalité que l’expression d’un désir ardent de leur trop plein de refoulement. De haine.
il se mit à accrocher ses petites affaires.
Quand Hamid...
‘...Bouzid, j’ai vu ce matin, l’oncle de mon père, il tient une supérette là haut à Ménilmontant et il a besoin d’un responsable, quelqu’un de bien, alors je lui ai parle de toi et il veut te voir au plut vite.... ! Il me fait confiance... ! ’
‘...Ah yerham ouel’diq.... ! Hamid, tant de gentillesse et dévouement me vont droit au cœur.... !
‘...Yezzi, ye oud’hakh’( frère) , on n’oublie pas la _ ‘Aâchra’ non.. ?’ ( La solidarité)
‘...Je vais pouvoir ainsi travailler et me consacrer plus tard à la recherche de la vérité et effacer ma culpabilité... !
‘...Et laisse tomber, refais ta vie c’est tout, le passe ne doit plus te perturber Bouzid.. !’
‘...A mon âge refaire ma vie, quelle vie, il ne me reste plus rien, j’ai passe vingt cinq ans à penser jour et nuit à ce que j’allais faire à ma sortie de prison. Comment ça ??? Ne plus revoir mes enfants, laisser mon’ ounour’ salit jusqu’à ma mort alors que ma famille au bled me croit moj’rom’ ( assassin) , ah... ! mon frère, l’ounour chez nous, tu le connais Hamid.... ! Alors il faut que je cherche et que je trouve sinon mon âme ira en enfer... ! Et je mourrai comme un lâche à leur yeux... !’
‘...Pour tes enfants ils furent recueillit par la DDAS... ! De Mantes la Jolie, c’est un ami qui travaille là bas qui me l’a dit ; ils ont change de nom... !’
‘...Ah bon.... ? Tu le connais, il est encore en vie HAMID.... ? _ ‘
‘...Je vais me renseigner et te donner l’information mais je ne suis pas sur qu’il soit vivant, il avait 45 ans à l’époque... ! _ ‘
‘...Je t‘en prie cherche et emmène moi vers lui, Hamid, j’ai perdu ma femme et je veux au moins retrouver mes enfants... !’
Bouzid commençait à croire à sa bonne étoile ; tant de gentillesse de la part de Hamid soulevait en lui de grandes émotions, une gentillesse qu’il trouvait hors norme, alors que rien ne l’obligeait à le faire ; il aurait pu se taire sur ses enfants, se taire sur l’ami qu’il connaissait, après tout rien ne forçait HAMID à aller plus loin dans ses confidences. Bouzid rangea tout ça dans la rubrique SOLIDARITE, RECONNAISSANCE ET FRATERNITE... !
Bouzid fut présenté à ce fameux oncle Harouche . Originaire de Tlemcen. Lui aussi marié à une française d ‘Algérie. Quatre enfants. Dont deux mariés.
Harouche embaucha Bouzid. Ce dernier remercia son ami Hamid.
‘...Tu sais à présent que je vais travailler, je voudrais payer mon loyer, il n’ y a pas de raison, tu as fais le maximum pour moi alors, je ne veux pas abuser de ta gentillesse.. !’
‘...Comme il te plaira, je ne veux pas te gêner non plus, et d’ailleurs tiens voilà la seconde clef, comme ça tu te sentiras plus libre... !’
‘...Merci AHMED... ! Que D ieu te garde... !’
A suivre...