Le sacrifice du poulet

  • Auteur(s) : Djos
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  • Publié le : mardi 12 août 2008

En bref

J’ai assisté à de nombreuses reprises sans le moindre scrupule à ce que je considérais à l’époque comme un spectacle et à la limite j’en redemandais


La maison Zeitoun. Photo de Moncef - 17.6 ko

La maison Zeitoun. Photo de Moncef

La Synagogue était située dans la rue en face à la hauteur du véhicule foncé.

Lors d’une conversation avec Camus, j’ai évoqué " la maison Zeitoun, à PicVille, " comme nous l’appelions la - bàs " et cela m’a fait revivre un souvenir d’enfance !

C’était un imposant bâtiment ( aujourd’hui de couleur beige )avec ses nombreuses habitations, ses magasins,derrière une petite unité d’embouteillage de limonade et une entreprise funéraire avec une petite écurie pour les chevaux servant à tirer le corbillard.

Il y avait aussi une synagogue de quartier et je pense que le "sacrifice" du poulet se pratiquait le vendredi. Les fidèles s’amassaient devant la Synagogue avec le poulet dans un couffin ou tenu à la main et attendaient patiemment leur tour !

Le Rabbin arrivait avec une lame ou un genre de rasoir, prenait le poulet par les deux ailes,enlevait quelques plumes du cou, la lame en travers de la bouche et après une prière ,il égorgeait le volatile et l’envoyait à terre.Il arrivait que le poulet fasse encore quelques mètres !

Vu le nombre de bêtes sacrifiées, la rue était " recouverte " de sang,les plumes volaient un peu partout !

J’ai assisté à de nombreuses reprises sans le moindre scrupule à ce que je considérais à l’époque comme un spectacle et à la limite j’en redemandais ...

Depuis longtemps,j’ai bien changé,je ne pourrais plus assister à ce rituel car je suis devenu trop sensible et je suis incapable de tuer ne serait - ce qu’une mouche !

Je tiens à préciser que je respecte les rites et coutumes de chaque religion et que c’était juste pour l’anecdote !

  • > Le sacrifice du poulet, le 15 août 2008, par Joseph
    Personnellement, je me souviens très bien, quand nous étions à Moulinville, de ces poulets que ma mère achetait chez le fameux "Cinquante" dont j’ai déjà parlé, quelques temps avant Kippour et que nous "élevions" dans notre cour jusqu’au jour fatidique ou Rahmine Berrebi, paix à son âme, les égorgeait.
    Cela se passait très tôt le matin, avant même le lever du soleil et malgré cette heure matinale, je tenais à être de la "cérémonie".
    Je demandais donc à mon père de ne pas manquer de me réveiller et je l’accompagnais sous les frimas du matin jusqu’au terrain vague qui jouxtait l’immeuble Hamrouni où habitait René Bouni. Cela se passait exactement comme l’a si bien décrit Djos, et j’imagine, le boulot qui attendait ma mère (j’imagine car je ne me souviens plus de la façon dont cela se passait), pour préparer toute cette volaille qu’il fallait plumer, vider et cachériser.
    La tradition voulait que chaque membre de la famille ait son volatile sacrifié ... et comme nous étions 7 enfant, je vous laisse faire l’addition avec les 2 parents. Comme le dit Nathan, cela se passe loin de nos yeux à présent, puisque toute cette volaille arrive dans nos frigos prête à cuire.
  • > Le sacrifice du poulet, le 15 août 2008, par Nathan

    Djos comme la déjà dit Camus le sacrifice du poulet était la veille du grand pardon.

    Pour les autres jours de l’année en général les vendredis les possibilités de manger de la viande plusieurs fois par semaine étaient presque impossible. Les juifs ne mangeant que de la viande Cacher, étaient obligé de passer via le rabbin.

    Je me souviens qu’arriver ici je me suis étonné de voir les rabbins égorger les poulets dans un magasin avec une table qui comprenait plusieurs entonnoir et chaque entonnoir était pour une poule. De nos jours cela aussi n’existe plus, les poulets sont transportés de la ferme a l’usine de la bas chez le charcutier. Les poulets continuent a être égorgés avec une différence que nous ne voyons pas çà nous-mêmes.

    La religion n’autorise pas de manger la viande autrement je ne vois pas une différence entre égorger un poulet ou bien lui fermer le tiroir sur le coup. Les deux méthodes sont atroces pour le poulet qui perd sa vie. Quant a nous les humains nous ne sommes qu’une bête dans cette faune qu’est le globe terrestre.

    On dit : hout yekel hout klil e jed y mout. Traduction : le poisson mange le poisson et celui qui manque de force meurt.

    C’est la loi de la nature, je ne vois pas la différance entre manger une carotte ou un poulet, les deux on t une vie qui plus longue et qui plus courte. C’est ce que je pense cela ne veut pas dire que j’ai raison. Mais il faut de tous pour faire un monde les lions dévorent du gibier et eux-mêmes sont dévorés par d’autres animaux, exemple un crocodile.

  • > Le sacrifice du poulet, le 13 août 2008, par Camus

    Le rabbin Khamous était l’égorgeur attitré et après lui Rahmine Berrebi, ou les deux à la fois, à une certaine époque.

    Le rabbin examinait la Kasherout (le bon état physique) du poulet, avant de l’égorger : s’il n’avait un membre cassé, une blessure quelconque, voir une maladie, cela en le palpant. Le sacrifice du poulet était la veille du Grand Pardon, chaque poulet était tué comme " bouc émissaire ", prenant les péchés de chacun d’entre nous, un poulet par membre de la famille. Les poulets égorgés le vendredi n’étaient pas sacrifiés, contrairement à Kipour, mais servaient à la consommation.

    Bravo Djos, pour cet article, j’espère en lire d’autres.

    • > Le sacrifice du poulet, 14 août 2008, par Djos
      Je suis encore très surpris que mon texte fasse la une sur la page d’accueil. Très honnêtement, je ne vois pas ce qu’il a d’exeptionnel ? Merci Camus pour tous les détails sur le poulet avant qu’il soit égorgé et la nuance du poulet du vendredi et celle du sacrifice que je ne connaissais pas.
  • > Le sacrifice du poulet, le 12 août 2008, par Marcelle
    Merci Djos de nous faire connaître ton ressenti face aux coutumes que tu as connus enfant.

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