Le sacrifice du pouletJ’ai assisté à de nombreuses reprises sans le moindre scrupule à ce que je considérais à l’époque comme un spectacle et à la limite j’en redemandais
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La maison Zeitoun. Photo de Moncef |
La Synagogue était située dans la rue en face à la hauteur du véhicule foncé.
Lors d’une conversation avec Camus, j’ai évoqué " la maison Zeitoun, à PicVille, " comme nous l’appelions la - bàs " et cela m’a fait revivre un souvenir d’enfance !
C’était un imposant bâtiment ( aujourd’hui de couleur beige )avec ses nombreuses habitations, ses magasins,derrière une petite unité d’embouteillage de limonade et une entreprise funéraire avec une petite écurie pour les chevaux servant à tirer le corbillard.
Il y avait aussi une synagogue de quartier et je pense que le "sacrifice" du poulet se pratiquait le vendredi. Les fidèles s’amassaient devant la Synagogue avec le poulet dans un couffin ou tenu à la main et attendaient patiemment leur tour !
Le Rabbin arrivait avec une lame ou un genre de rasoir, prenait le poulet par les deux ailes,enlevait quelques plumes du cou, la lame en travers de la bouche et après une prière ,il égorgeait le volatile et l’envoyait à terre.Il arrivait que le poulet fasse encore quelques mètres !
Vu le nombre de bêtes sacrifiées, la rue était " recouverte " de sang,les plumes volaient un peu partout !
J’ai assisté à de nombreuses reprises sans le moindre scrupule à ce que je considérais à l’époque comme un spectacle et à la limite j’en redemandais ...
Depuis longtemps,j’ai bien changé,je ne pourrais plus assister à ce rituel car je suis devenu trop sensible et je suis incapable de tuer ne serait - ce qu’une mouche !
Je tiens à préciser que je respecte les rites et coutumes de chaque religion et que c’était juste pour l’anecdote !
Djos comme la déjà dit Camus le sacrifice du poulet était la veille du grand pardon.
Pour les autres jours de l’année en général les vendredis les possibilités de manger de la viande plusieurs fois par semaine étaient presque impossible. Les juifs ne mangeant que de la viande Cacher, étaient obligé de passer via le rabbin.
Je me souviens qu’arriver ici je me suis étonné de voir les rabbins égorger les poulets dans un magasin avec une table qui comprenait plusieurs entonnoir et chaque entonnoir était pour une poule. De nos jours cela aussi n’existe plus, les poulets sont transportés de la ferme a l’usine de la bas chez le charcutier. Les poulets continuent a être égorgés avec une différence que nous ne voyons pas çà nous-mêmes.
La religion n’autorise pas de manger la viande autrement je ne vois pas une différence entre égorger un poulet ou bien lui fermer le tiroir sur le coup. Les deux méthodes sont atroces pour le poulet qui perd sa vie. Quant a nous les humains nous ne sommes qu’une bête dans cette faune qu’est le globe terrestre.
On dit : hout yekel hout klil e jed y mout. Traduction : le poisson mange le poisson et celui qui manque de force meurt.
C’est la loi de la nature, je ne vois pas la différance entre manger une carotte ou un poulet, les deux on t une vie qui plus longue et qui plus courte. C’est ce que je pense cela ne veut pas dire que j’ai raison. Mais il faut de tous pour faire un monde les lions dévorent du gibier et eux-mêmes sont dévorés par d’autres animaux, exemple un crocodile.
Le rabbin Khamous était l’égorgeur attitré et après lui Rahmine Berrebi, ou les deux à la fois, à une certaine époque.
Le rabbin examinait la Kasherout (le bon état physique) du poulet, avant de l’égorger : s’il n’avait un membre cassé, une blessure quelconque, voir une maladie, cela en le palpant. Le sacrifice du poulet était la veille du Grand Pardon, chaque poulet était tué comme " bouc émissaire ", prenant les péchés de chacun d’entre nous, un poulet par membre de la famille. Les poulets égorgés le vendredi n’étaient pas sacrifiés, contrairement à Kipour, mais servaient à la consommation.
Bravo Djos, pour cet article, j’espère en lire d’autres.