Les trois coups de lever de rideau.Mon pessah par Judith
![]() |
En enlevant le hametz de ma maison, en lavant, epoussetant, recurant et frottant, je me souviens avec tendresse et emotion du Pessah de mon enfance.
Les melodies du seder me reviennent.
Celles que l on entonnait, alors, que le plat du Seder, passait sur nos tetes...
Etmol !
Le Manichtana que mon pere me faisait chanter...
Le Dayenou...et combien encore...
Je me souviens de l’odeur incomparable du Msoki qui flottait dans la maison, du osbane que ma mere preparait avec tant de fierte...
Des olives, du beldi, de l’adhem el h’out, des matsot que mes parents appelaient "galettes"
De la coupe du prophete Elie sur la table.... de la porte ouverte.. "Que tout étranger qui a faim vienne a notre table et fete Pessah !"
Et lorsque choulh’an orekh, etait prononce alors, dans un silence quasi religieux ma mere (zal) entrait triomphante avec son msoki fumant...
Les premieres bouchees etaient degustees et comme chaque annee invariablement Papa (zal) lui disait : Bravo ! Il est encore meilleur que les autres annees..
Apres birkat hamazone, le hallel et la 4eme coupe de vin bue jusqu’a la fin..
Nous entonnions le Lechana habaa be Yerouhalaim ha benouya... L’an prochain a Jerusalem reconstruite..
Et enfin pour clore la soiree, a qui le chanterait le plus vite sans se tromper, le fameux Had Gadya ! ! !
J’ai retrouve un seder tune dans les regles de l’art a Jerusalem, c etait le merveilleux et charmant et venere Maitre Charles Haddad qui le conduisait chez moi .
En effet je suis a Jerusalem depuis quelques annees... mais vous n’etes plus la, avec moi, mes parents tant aimes..
Mon msoki n’a plus le gout de celui que tu preparais maman..
J’essaye de me rappeler... c’etait comment cet air papa que tu chantais... ? Oui je sais :
-Khalini nessker ya youdi..fi bissah’ farh’at jdoudi !
-Laisse moi m’enivrer, o juif, a Pessah a la joie de mes ancetres !
Je suis a Jerusalem, je bois dans la ville tant revee, je prepare chaque annee mon msoki, mes friteches, je me souviens des melodies... je garde la corbeille en osier, maman, dans laquelle tu preparais le plat rituel du Seder avec le voile de mariee de ma soeur, qui elle aussi vous a rejoints au paradis...
Je me souviens.. et la tendresse refoulee.. Oui je suis à Jérusalem.
Papa comme tu l’avais reve...
Oui je prepare les plats comme tu me l’as montre maman, oui ma soeur cherie, ton voile de mariee est toujours la avec moi... la vie continue.
Le jasmin refleurit sur ma terrasse comme chaque annee.. et Pessah revient ... et vous me manquez ; la nostalgie m’envahit, quelques larmes roulent sur ma joue.... et je me souviens.
Etmol !
Quand on évoque un homme, un parle d’un Hidalgo.
Des Hidalgo j’en ai connus, des grands, des petits, des beaux et des laids.
J’ai même connu un joueur de foot, devenu ensuite entraîneur, sans trop d’éclats pour cette fonction.
J’ai rencontré un gardien d’immeuble, Hidalgo celui-la aussi, il faisait son beurre à l’époque où passer ses vacances en Ibérie ne coûtait pas cher, on avait en plus le soleil assuré.
Des escrocs, j’en ai rencontrés, avec l’accent du sud, ils prononçaient le "V" en "B", et inversement, ils disaient Sebilla au lieu de Sevilla ?
Alors en duo nous chantions :
Moi :
-Sevilla tuvo que ser con su lunita plateada
testigo de nuestro amor, bajo la noche callada.
Lui :
-Sebilla tubo que ser con su lunita plateada
testigo de nuestro amor, vajo la noche callada.
Franchement, un homme qui confond le "V" et qui le prononce "B", comment peut-il vous parler d’amour Mesdames ?
Parlez-moi d’un Tune, bien de chez nous, de la Goulette par exemple, la peau tannée par le soleil, les cheveux blondis par la brûlure de l’été, grand sportif, nageur, coureur, mangeur.
Ah ! Mesdames, que ne ratez-vous pas ?
Et ce n’est pas fantasme de vous parler ainsi, rien à voir avec celle qui vous parle de son corps de déesse, de son deux-pièces pas plus grand qu’une pochette et qui vous laisse en transes comme un vulgaire filou.
Bien sûr il y a Goulettois et Goulettois, comme il y a Hidalgo et Hidalgo, mais le pourcentage de Goulettois à éviter, est si infime, qu’il ne mérite pas que l’on s’y attarde.
Des Hidalgo j’en ai connus.
Mais qu’est-ce qui me prend ? Voilà que je me répète. Serai-je jaloux d’un Hidalgo ?
Allez ! Hidalgo ou Goulettois, du moment que vous trouvez l’âme sœur.
Mais franchement, si j’avais mon mot à dire, je vous conseillerais un Goulettois.
Judith.
Heureusement que je t’ai lue après dîner.
Brass benti, restons Tunes.
La première fois que j’ai mangé de la carpe, c’était en 1958 en Israël précisément.
On m’avait vanté ce mets, ceux qui m’en parlaient avaient les larmes aux yeux ; je n’ai jamais su si c’était de plaisir ou de... déplaisir.
Je me souviens avoir goûté pour "faire plaisir" mais le plaisir n’était pas partagé.
La seconde fois, c’était à Pékin, alors là, accompagné de mon épouse, nous avons cru que le ciel nous tombait sur la tête.
Plus fade que ce mets, je ne connais pas, plus insipide, non plus.
Je ne veux pas généraliser, et si j’avais le plaisir de venir déjeuner chez toi, pour répondre à ton invitation sincère, je t’en prie, mangeons une h’ashwa ou une bissara, mais de carpe, nenni !
A présent, tu confirmes avoir vu du "pain", et moi je parle de pâtes.
Si faire Pessah ne se différencie pas des autres jours, à quoi cela sert-il que le plus jeune interroge, le soir du seder, en entonnant :
Ma nishtana halayla hazé mikol haleilot ?
Shébékhol haleilot eyn anou métabeline afilou paâm ah’at
Ha layla hazé shté péâmim.
Qu’est ce qui différencie cette nuit des autres nuits ?
Toutes les autres nuits nous ne trempons (les aliments), pas même une fois.
Cette nuit, 2 fois.
Alors, qu’est-ce qui va nous différencier des autres jours, dites-le moi.
A la demande de Judith et pour ceux qui l’ont entendu, ou bien qui l’entendent encore, voici un chant qui clôturait la soirée de commémoration de la sortie d’Egypte.
Il s’agit de H’az gadyia, le chevreau.
C’est un chant en Judéo arabe, voici également la traduction.
H’az gadyia, h’az gadyia, eldi srali baba bjowj flouss.
Un chevreau, un chevreau, que mon père m’a acheté pour deux sous.
Ou jat el qatouss, ou klat ejdi, elli srali baba bjowj flouss.
Le chat est venu et a mangé le chevreau que mon père m’a acheté pour deux sous.
Ou jat el kelba ou guetmet el qatouss elli klat ejdi etc.
Le chien est venu et a mordu le chat qui a mangé le chevreau, etc.
Ou jat el âssâ ou darbet el kelba elli gadmet el qatouss, etc.
Le bâton est venu et a frappé le chien qui a mordu le chat, etc.
Ou ja ennar wah’raq el âssâ, etc.
Le feu est venu et a brûlé le bâton, etc.
Ou ja el ma wetfa ennar etc.
L’eau est venue et a éteint le feu, etc.
Ou ja ettawr ou srab el ma, etc.
Le taureau est venu et a bu l’eau, etc.
Ou ja eddebah’ wedbah’ ettawr, etc.
L’égorgeur est venu et a égorgé le taureau, etc.
Ou ja melk elmawt ou dbah’ eddebah’h, etc
L’ange de la mort est venu et a égorgé l’égorgeur, etc.
Ou ja Qadoush Baroukhou ou dbah’ melk elmawt, etc.
Le Saint Béni Soit Il est venu et a égorgé l’ange de la mort, etc.