Les trois coups de lever de rideau.

  • Auteur(s) : Annibal
  • Visite(s) : 1228
  • Popularité : 11
  • commentaire(s) : 14
  • Publié le : mardi 30 mars 2004

En bref

Mon pessah par Judith


En enlevant le hametz de ma maison, en lavant, epoussetant, recurant et frottant, je me souviens avec tendresse et emotion du Pessah de mon enfance.
Les melodies du seder me reviennent.
Celles que l on entonnait, alors, que le plat du Seder, passait sur nos tetes...
Etmol !
Le Manichtana que mon pere me faisait chanter...
Le Dayenou...et combien encore...
Je me souviens de l’odeur incomparable du Msoki qui flottait dans la maison, du osbane que ma mere preparait avec tant de fierte...
Des olives, du beldi, de l’adhem el h’out, des matsot que mes parents appelaient "galettes"
De la coupe du prophete Elie sur la table.... de la porte ouverte.. "Que tout étranger qui a faim vienne a notre table et fete Pessah !"
Et lorsque choulh’an orekh, etait prononce alors, dans un silence quasi religieux ma mere (zal) entrait triomphante avec son msoki fumant...
Les premieres bouchees etaient degustees et comme chaque annee invariablement Papa (zal) lui disait : Bravo ! Il est encore meilleur que les autres annees..
Apres birkat hamazone, le hallel et la 4eme coupe de vin bue jusqu’a la fin..
Nous entonnions le Lechana habaa be Yerouhalaim ha benouya... L’an prochain a Jerusalem reconstruite..
Et enfin pour clore la soiree, a qui le chanterait le plus vite sans se tromper, le fameux Had Gadya ! ! !
J’ai retrouve un seder tune dans les regles de l’art a Jerusalem, c etait le merveilleux et charmant et venere Maitre Charles Haddad qui le conduisait chez moi .
En effet je suis a Jerusalem depuis quelques annees... mais vous n’etes plus la, avec moi, mes parents tant aimes..
Mon msoki n’a plus le gout de celui que tu preparais maman..
J’essaye de me rappeler... c’etait comment cet air papa que tu chantais... ? Oui je sais :
-Khalini nessker ya youdi..fi bissah’ farh’at jdoudi !
-Laisse moi m’enivrer, o juif, a Pessah a la joie de mes ancetres !
Je suis a Jerusalem, je bois dans la ville tant revee, je prepare chaque annee mon msoki, mes friteches, je me souviens des melodies... je garde la corbeille en osier, maman, dans laquelle tu preparais le plat rituel du Seder avec le voile de mariee de ma soeur, qui elle aussi vous a rejoints au paradis...
Je me souviens.. et la tendresse refoulee.. Oui je suis à Jérusalem.
Papa comme tu l’avais reve...
Oui je prepare les plats comme tu me l’as montre maman, oui ma soeur cherie, ton voile de mariee est toujours la avec moi... la vie continue.
Le jasmin refleurit sur ma terrasse comme chaque annee.. et Pessah revient ... et vous me manquez ; la nostalgie m’envahit, quelques larmes roulent sur ma joue.... et je me souviens.
Etmol !

  • > Les trois coups de lever de rideau., le 31 mars 2004, par susy
    Chers acteurs !!! avec vos recits , je retourne en arriere de 40 ans au moins, saha likeum Judith et Annibal, clap. clap. clap. et mabrouk, longue vie a ce theatre.
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 31 mars 2004
    Grace au poisson.... ?arrete yai ouldi la tu exageres tu veux quoi rhamsssai ourmiss alikeum ?tu as peur du mauvais oeil ?Goulettois...tu m aurais dis granai encore j aurais compris...goulettois.... va rien ne vaut un bon ashke tralouid ou pas barouh oto ou non...tu sais quoi Annibal en verite je sais moi...vous les goulettois vous etes jaloux des ashkes..voila !si massilinou zamai.... Quant a l allumette..et l amour..je t en prie c est quoi l amour...cette rkekai je l aime ..il m aime...allez on va voir la samssara et elle te marie ..l amour...rkaikai zeidai yai ouldi mais bon reprenons notre ton distingue....moi j ai aime et je sais que l amour c est comme une cigarette pour certains..ils l allument la fume un bout et la jette... il y a meme une chanson comme ca...de Sylvie Vartan..l amour cest comme une allumette... ils n ont rien compris...ils savent pas qu on ne joue pas avec les sentiments, l amour et la vie des autres... meusskinim...
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 31 mars 2004, par Annibal
    Ils nous lisent Judith et ils se délectent.
    Je vois à la commissure de leurs lèvres, ce petit duvet blanchâtre, signe d’une délectation.
    Tu parles du Kamats qui est prononcé "O" par les Ashs ; je t’avoue que quand je les entends prier, je suis pris d’une envie de faire le signe de la croix.
    Borouch oto ! Je crois presque qu’ils prient pour un Bavarois, un certain Otto.
    Et après cela, tu voudrais me faire ingurgiter leur cuisine ?
    Ya benti ! La y warina ! Mille fois, et j’ajoute "Sim silinou !", Amen !
    H’abiba Msika, la pauvre, elle a rendu fous les hommes, et Maymouni a tout perdu, sa raison, sa vie, son amour.
    On m’avait toujours soutenu, que la confiance c’était comme une allumette, qu’on ne l’allumait qu’une seule fois.
    Je n’avais jamais su, que l’amour finissait aussi avec une allumette.
    Que penses-tu de cette métaphore ?
    Elle est goulettoise, celle-la, et c’est bien la preuve, si besoin était, de te démontrer que nous avons énormément de choses dans notre crâne.
    Il paraîtrait que c’est grâce au poisson, complet, que l’on mangeait, qui nous fournissait du phosphore, pour notre cerveau.
    Et l’autre à qui je parlais d’allumette, qui me dit :
    -Mais alors, c’est grâce au phosphore, que notre crâne nous sert pour allumer les filles ?
    Meshkine, encore un qui n’a rien compris.
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 31 mars 2004
    Yai Annibal yai annibal ..yai ouldi.... Tu comprends pas que du julio elles en sont toutes dingos ? cela me rappele quant ma mere me racontait l histoire de Mimouni....qui etait amoureux fou de la pauvre Hbibai Msikai......combien de femmes pour le bel hidalgo.....hein dis moi ? mais tu n as pas remarque ?pas tres loquaces nos femmes tunecitysiennes et nos hommes ?le debat les laisse froid ? Dam bereud .... Ceci dit mon ami..tu sais la judith parait qu elle est renegate mais a un point si tu savais.... liyorinai... a part la carpe farcie, elle a eu un ashke dans sa vie... brass bouk yai Annibal..un ashke ?ca se fait ca ?chez une fille tune (livournaise certes) mais tune surtout ? Un ashke...avec leur tralouid de perruques, de sans kitniot, de gegilte fish...et j en passe...et la priere alors ?jamais tas entendu !!!!ils disent pas amin ...non !!! ils disent omain....oui yai ouldi...oiman !!!! Mais bon que veux tu hidalgo, tune,ashke...l amour ou tas vu toi qu il se commande ?hein tu me dis ?jud plus renegate que jaamaisssssssssssssssssssssssssssss
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 31 mars 2004, par Annibal
    Ya Judith ! Ya Judith ! (2 fois, comme quand on interpelle quelqu’un que l’on aime.)
    Julio, Allah y baâdek menou !
    Le pauvre, avec sa moumoute et son fond de teint.
    Si tu l’avais vu nu, ourass benti tu te serais sauvée.
    Quelle comparaison avec un mangeur de briks à l’œuf ? Avec un grignoteur de boutargue ? Avec un buveur de boukha ? Avec un jouer de belote ?
    Les kifeurs, les shikheurs, les noceurs, les bah’bouhine, en un mot les déconneurs, il ne faut pas aller les chercher trop loin.
    Surtout pas en Andalousie, ni en Amérique latine.
    Connaissent-ils, ces Hidalgos, ce qu’est la séance fruits frais à 3 heures du matin, au sortir de boîte, directement chez Moussa, le marchand de fruits de Goulette Casino ?
    Savent-ils déguster un bol de sah’leb, à l’aube avant d’aller au travail ?
    Imaginent-ils le plaisir de manger un beignet à l’huile, madhroub bessafout, accompagné des figues vertes ou noires ?
    Allez, Judith, ne faisons pas comme le renard, qui dit que les raisins sont verts, parce qu’il ne peut pas les atteindre.
    Imaginons un msoki sans ôsbane, une fade sans foie, une odja sans œufs, un lablabi sans pois chiches.
    Laissons les Hidalgos à leur fantaisie, profitons du concret, du réel, du vrai.
    Ne tombons pas sous le charme des chansons à la guimauve :
    -Ji n’i pas changi
    Ji souis toujours ci jeune homme itranger
    Qui ti chanti di romances
    Qui t’iventit di dimansses
    Qui ti fisait voyagi
    Ji n’i pas changi
    Ji souis toujours ci garçon in po fou
    Qui ti parlit d’Amérique
    Et n’itit pas assez riche
    Pour t’emminer à Corfou.
    Pour nous, c’était Raoul et sa voix de velours.
    Salamti âlik ya bladi !
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 31 mars 2004
    Allons, allons, mon cher Annibal...un Goulettois euchkoun yofror al aroussa. ?.comme aurait dit ma chere maman.... Souviens toi du beau Julio Ilesias nous fredonnant l oeil de velours , et le cheveu plaque..de sa voix suavemenr chaude..."et toi non plous tou nas pas change....etc etc>>" Comment peut on rester insensible devant de tels emois ? comment une femme en bikini allumeuse virtuelle ou femme en chair ...et en os....peut rester indifferente au charme du bel espagnol basane ? C est un peu l effet provoque chez les hommes par la belle blonde.....alors que le piment des brunes, leurs sensualites est combien plus redoutable ? Quant aux femmes araignees..laissons a suggest le soin de nous les envoyer... Mais en realite cher tres cher Annibal, la potineuse qui a d ailleurs decide (sur les conseils avises d un cher confrere....)d ecrire ces derniers "on dit que "directement sur la scene du theatre,cette potineuse aux yeux verts se propose de vous faire parler..alors mesdames les wonder tunecitisiennes ?hidalgo ou...goulettois ??hein....wawwwwwwwww j attends mes amies.... alors messieurs ?et vous la blonde ou la brune ?pas la bieere jex.....grrrrrrrrrrrrrrrrrrrr La femme !!!! l araignee...ou la douce et tendre ?la meche assassine ou le regard degage ? le basane ...ou le vrai de vrai .... ? Que de questions a votre verve sont soumises...mais la verite si je ments.....Annibal...ca va chaufferrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr judith..qui potine...
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 31 mars 2004, par Annibal

    Quand on évoque un homme, un parle d’un Hidalgo.
    Des Hidalgo j’en ai connus, des grands, des petits, des beaux et des laids.
    J’ai même connu un joueur de foot, devenu ensuite entraîneur, sans trop d’éclats pour cette fonction.
    J’ai rencontré un gardien d’immeuble, Hidalgo celui-la aussi, il faisait son beurre à l’époque où passer ses vacances en Ibérie ne coûtait pas cher, on avait en plus le soleil assuré.
    Des escrocs, j’en ai rencontrés, avec l’accent du sud, ils prononçaient le "V" en "B", et inversement, ils disaient Sebilla au lieu de Sevilla ?
    Alors en duo nous chantions :
    Moi :
    -Sevilla tuvo que ser con su lunita plateada
    testigo de nuestro amor, bajo la noche callada.
    Lui :
    -Sebilla tubo que ser con su lunita plateada
    testigo de nuestro amor, vajo la noche callada.

    Franchement, un homme qui confond le "V" et qui le prononce "B", comment peut-il vous parler d’amour Mesdames ?
    Parlez-moi d’un Tune, bien de chez nous, de la Goulette par exemple, la peau tannée par le soleil, les cheveux blondis par la brûlure de l’été, grand sportif, nageur, coureur, mangeur.
    Ah ! Mesdames, que ne ratez-vous pas ?
    Et ce n’est pas fantasme de vous parler ainsi, rien à voir avec celle qui vous parle de son corps de déesse, de son deux-pièces pas plus grand qu’une pochette et qui vous laisse en transes comme un vulgaire filou.
    Bien sûr il y a Goulettois et Goulettois, comme il y a Hidalgo et Hidalgo, mais le pourcentage de Goulettois à éviter, est si infime, qu’il ne mérite pas que l’on s’y attarde.
    Des Hidalgo j’en ai connus.
    Mais qu’est-ce qui me prend ? Voilà que je me répète. Serai-je jaloux d’un Hidalgo ?
    Allez ! Hidalgo ou Goulettois, du moment que vous trouvez l’âme sœur.
    Mais franchement, si j’avais mon mot à dire, je vous conseillerais un Goulettois.

  • > Les trois coups de lever de rideau., le 30 mars 2004
    Desolee Annibal.....de la carpe ou rien yai ouldi.. Pour le pain ..les pates...etc..tu as raison...ma nichtana ?? ou sera la difference ? jud
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 30 mars 2004, par Annibal

    Judith.
    Heureusement que je t’ai lue après dîner.
    Brass benti, restons Tunes.
    La première fois que j’ai mangé de la carpe, c’était en 1958 en Israël précisément.
    On m’avait vanté ce mets, ceux qui m’en parlaient avaient les larmes aux yeux ; je n’ai jamais su si c’était de plaisir ou de... déplaisir.
    Je me souviens avoir goûté pour "faire plaisir" mais le plaisir n’était pas partagé.
    La seconde fois, c’était à Pékin, alors là, accompagné de mon épouse, nous avons cru que le ciel nous tombait sur la tête.
    Plus fade que ce mets, je ne connais pas, plus insipide, non plus.
    Je ne veux pas généraliser, et si j’avais le plaisir de venir déjeuner chez toi, pour répondre à ton invitation sincère, je t’en prie, mangeons une h’ashwa ou une bissara, mais de carpe, nenni !
    A présent, tu confirmes avoir vu du "pain", et moi je parle de pâtes.
    Si faire Pessah ne se différencie pas des autres jours, à quoi cela sert-il que le plus jeune interroge, le soir du seder, en entonnant :

    Ma nishtana halayla hazé mikol haleilot ?
    Shébékhol haleilot eyn anou métabeline afilou paâm ah’at
    Ha layla hazé shté péâmim.

    Qu’est ce qui différencie cette nuit des autres nuits ?
    Toutes les autres nuits nous ne trempons (les aliments), pas même une fois.
    Cette nuit, 2 fois.

    Alors, qu’est-ce qui va nous différencier des autres jours, dites-le moi.

  • > Les trois coups de lever de rideau., le 30 mars 2004, par vanille94
    je trouve super , vraiment beau je vous souhaite bonne chance,
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 30 mars 2004
    Annibal...il existe ce fameux pain dont tu parles ..eh oui ..il ne se vend pas mais les menageres de jerusalem en tous cas , se refilent la recette entre deux cafes...je l ai vu sur plus d une table ou j etais invitee..mais je ne l ai pas goute...Pas envie de m adapter comme disent certains... Quant aux pates ..liorinai....mbd...j ai essaye une annee, ca colle c est fade et mauvais ..bien fait pour moi, j avais qu a m en passer !!!mais bon mes origines italiennes.....etc etc.. Annibal cependant tu as oublie le delicieux gefilte fish que , comme une renegate ,je prepare pour Pessah...Il est digne d une vraie polonaise parait il...Et mes pashtidot ?un regal des yeux et du palais....et ma carpe a la juive avec la sauce verte et la gelee ? Mais bon...c est quand meme le msoki qui..ben oui quoi on est tune apres tout !!!
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 30 mars 2004, par Annibal

    A la demande de Judith et pour ceux qui l’ont entendu, ou bien qui l’entendent encore, voici un chant qui clôturait la soirée de commémoration de la sortie d’Egypte.
    Il s’agit de H’az gadyia, le chevreau.
    C’est un chant en Judéo arabe, voici également la traduction.

    H’az gadyia, h’az gadyia, eldi srali baba bjowj flouss.
    Un chevreau, un chevreau, que mon père m’a acheté pour deux sous.

    Ou jat el qatouss, ou klat ejdi, elli srali baba bjowj flouss.
    Le chat est venu et a mangé le chevreau que mon père m’a acheté pour deux sous.

    Ou jat el kelba ou guetmet el qatouss elli klat ejdi etc.
    Le chien est venu et a mordu le chat qui a mangé le chevreau, etc.

    Ou jat el âssâ ou darbet el kelba elli gadmet el qatouss, etc.
    Le bâton est venu et a frappé le chien qui a mordu le chat, etc.

    Ou ja ennar wah’raq el âssâ, etc.
    Le feu est venu et a brûlé le bâton, etc.

    Ou ja el ma wetfa ennar etc.
    L’eau est venue et a éteint le feu, etc.

    Ou ja ettawr ou srab el ma, etc.
    Le taureau est venu et a bu l’eau, etc.

    Ou ja eddebah’ wedbah’ ettawr, etc.
    L’égorgeur est venu et a égorgé le taureau, etc.

    Ou ja melk elmawt ou dbah’ eddebah’h, etc
    L’ange de la mort est venu et a égorgé l’égorgeur, etc.

    Ou ja Qadoush Baroukhou ou dbah’ melk elmawt, etc.
    Le Saint Béni Soit Il est venu et a égorgé l’ange de la mort, etc.

  • > Les trois coups de lever de rideau., le 30 mars 2004, par Joseph
    Oh Annibal
    Que ta description est juste est vraie, on croirait que tu as vécu dans chacun de nos foyers.
    Le tefchir, censé être une traduction, qui n’était autre qu’un 2ème calvaire pour rendre la 2ème soirée encore plus longue que la première.
    Le papa, qui levait le ton, tout en continuant à lire, pour nous indiquer qu’un minimum d’attention lui sierait.
    Ce fade, le bien nommé, à l’odeur insupportable.
    A présent je raffole du msoki, mais à l’époque c’était pour moi la 11ème plaie qu’il fallait, en plus, avaler.
    Bravo Annibal, continue à nous raconter notre vie
  • > Les trois coups de lever de rideau., le 30 mars 2004, par Annibal
    Judith !
    Aujourd’hui, vous avez la chance de comprendre ce que vous lisez, et les commentaires qui suivent la lecture de la sortie d’Egypte, sont judicieux et empreints de philosophie.
    En Tunisie, il n’y a pas si longtemps, tous les participants lisaient comme des livres, les femmes écoutaient, papotaient quelques fois et étaient ramenées à l’ordre par le père qui faisait les gros yeux.
    En plus il ne fallait pas faire trop de bruit, pour ne pas déranger les voisins qui n’étaient pas juifs.
    Pour se faire pardonner, la maman leur offrait le lendemain, quelques galettes, comme si elle leur faisait goûter des mille-feuilles.
    Le premier soir de la lecture, quelques commentaires étaient faits, parfois par quelqu’un qui en avait entendu à la synagogue, mais l’envie de manger ce Msoki qui mijotait, était plus forte que celle de savoir si la deuxième plaie était celle des grenouilles ou celle du sang.
    Le second soir, on allait voir ce que l’on allait entendre.
    Le tafshir ! La traduction.
    Mais me diriez-vous, à ce moment tout le monde aura compris.
    Pas du tout !
    Cette traduction était en Judéo arabe, donc également incompréhensible par la majorité des assistants.
    Le chef de famille s’obstinait à lire tous les mots, il se trompait, il reprenait.
    Croyez-vous qu’un "malin" aurait eu l’idée de traduire en français ?
    Surtout pas.
    Ce judéo arabe était écrit en caractères hébraïques, ce qui compliquait encore plus sa lecture, il fallait être un érudit ; mais également il fallait faire croire que l’on savait.
    Et le Msoki qui mijotait, parce que c’était "bis répétitas", pour le Msoki.
    Ce plat se déclinait les deux soirs, il n’avait pas le même goût le second, c’était comme si on s’était resservi d’un mets, ce n’est toujours pas pareil que la première fois.
    Parfois on le mangeait aux alentours de minuit.
    A propos de foie, il y avait le second soir, l’irremplaçable "Fade", ce ragoût au foie, à l’odeur particulière.
    Souvent il n’était apprécié que du chef de famille et la maman s’obstinait à en faire pour une armée.
    Je sais que mon épouse, rien qu’à l’évocation de ce plat, a des envies de rendre.
    C’est vous dire si Pessah’ est bien particulier.
    Pourquoi particulier, me diriez-vous ?
    Parce que ce n’est plus Pessah’ de notre enfance, avec ses contraintes et ses plaisirs.
    Que les jours nous paraissaient longs, jamais nous n’avions autant envie de pain.
    Aujourd’hui on vous vendrait du pain Kocher le Pessah’.
    J’ai vu des pâtes (mais ce n’est pas pareil, m’a dit la préposée), il y a du fromage, du chocolat, des biscuits, tout sauf du pain.
    Et dans certaines familles, pour tout l’or du monde, on ne se serait privé de couscous le vendredi.
    Alors, Couscous boulettes pour tout le monde, avec de la semoule de galettes.
    C’est bon comme là-bas, dis !

Page valide Valid HTML 4.01!HTML 4.01, Valid CSS!CSS et accessible Level Double-A conformance 1.0, W3C-WAI Web ContentAA.