Mon voisin Hédi Bouraoui.Près de la maison Chelly, en passant nous voyons a travers la fenêtre ouverte, Hédi, assis a sa table de travail. Il écrit pendant des heures, quand il n’est pas à son poste à l’épicerie ou au lycée.
Maman m’envoie acheter du sucre, à l’épicerie la plus proche. Le patron n’y est pas, mais son fils Hédi le remplace.
Hédi est efficace au travail, toujours de bonne humeur, ayant le sens inné de l’humour, comme toute sa famille d’ailleurs. Il a toujours dans la bouche la réplique appropriée, et sans faire aucun effort visible, il s’occupe des clients, fait le service, tient la caisse, donne des conseils aux ménagères, pèse et mesure, un sourire permanent aux lèvres.
Quand je veux faire vite, je vais a l’épicerie Bouraoui, grâce a Hédi, je ne serais pas en retard, bien que d’habitude je me fais servir chez Cha’abouni, notre épicier attitré.
Le frère cadet d’Hédi, Mohamed est élève dans ma classe, il aussi sympa que son aîné et nous jouons souvent ensemble au ballon, dans le passage Campesi, la ruelle étroite qui est devenue, notre terrain de football.
Pendant les pauses entre deux matches, nous bavardons et chantons a tue-tête. Près de la maison Chelly, en passant nous voyons a travers la fenêtre ouverte, Hédi, assis a sa table de travail. Il écrit pendant des heures, quand il n’est pas à son poste à l’épicerie ou au lycée.
— Il est infatigable, ton frère, je dis à mon ami Mohamed.
— Oui, c’est un studieux, répond mon ami qui malgré une fracture au bras gauche, ne perd de son entrain.
Les années passent, Hédi n’est plus visible au comptoir de son épicerie, il n’est pas à Sfax depuis pas mal de temps, il est en France. Il fait ses études a la faculté a Toulouse.
Né le 16 Juillet 1932 à Sfax (Tunisie), et éduqué en France. Le Français est sa langue maternelle.
Après une licence es-lettres à la Faculté de Toulouse, et poursuit ses études dans différentes universités (Indiana U., Bloomington, Cornell U., Ithaca, New-York).
De 1978 à 1988, il exerce les fonctions de Doyen du Collège universitaire Stong.
En 1982, il est nommé professeur distingué de l’Université York (Toronto) où il a fondé les départements de langue, littérature et linguistique.
De 1995 à 1998, il exerce les fonctions de Directeur du Département d’Etudes françaises.
Voyageur inlassable à travers le monde, il s’est engagé sereinement dans tous les domaines de la Francophonie. De 1988 à 1996, Hédi Bouraoui a organisé plusieurs colloques internationaux.
De 1987 à 2000, il a obtenu dix prix littéraires en France, Canada, Tunisie (roman, poésie).Son roman inédit, Harki et Poète, les Oubliés du Siècle (France) a reçu le Prix Jean Dalba, Bergerac, sur manuscrit.
De 1982 à 2000, nombreuses distinctions (Tunisie, France, Canada, Etats-Unis, Thaïlande, Bulgarie).
Depuis 1997, il est Membre de la Société Royale du Canada (Académie des Lettres et Sciences Humaines).
En mai 2003, l’Université Laurentienne de Sudbury, Ontario, Canada, lui confère un Doctorat Honoris Causa pour "son oeuvre de création et de critique littéraire de renommée nationale et internationale".
Je le revoie encore dans ma mémoire, au comptoir de son épicerie, inlassable, efficace au travail, toujours de bonne humeur, avec le sens inné de l’humour, dans sa bouche est toujours la réplique appropriée, ne faisant aucun effort visible, s’occupant des clients, faisant le service, tenant la caisse, donnant des conseils aux ménagères, pesant et mesurant, un sourire permanent aux lèvres.
Je le revoie encore dans ma mémoire, a travers la fenêtre ouverte, assis à sa table de travail, écrivant pendant des heures, en dehors des heures qu’il n’est pas à son poste à l’épicerie ou en classe, au lycée.
Nous sommes fiers d’avoir connu le professeur Hédi Bouraoui, a ses débuts prometteurs.
La biographie d’Hédi Bouraoui et d’autres renseignements dans : http://hedibouraoui.net/bioabreg.htm
Merci à Camus
et aussi pour répondre à Freddy, un lien intéressant :
http://www.fabula.org/actualites/article14736.php
Un vrai régal de lire cette belle page de souvenirs et découvrir de la façon la plus attachante cet illustre voisin.
Merci, merci, cher Camus, de nous ouvrir ces recoins de ta mémoire et de nous faire partager ces trésors !
J’ai dit :
qu’hédi était a la retraite, on peut dire qu’il l’a bien gagnée cette retraite.
je reprends mes paroles.
il est peut être formellement a la retraite mais il ne dort pas sur ses lauriers.
je viens d’apprendre de source sure,qu’il est très actif ,et qu’il vient de publier,aux éditions mémoire d’un encrier,"éloges du nomadisme".
les questions d’identité,d’altérité,et de culture ont ete posées au cours des cinquante années,avec acuité.
ne trouvez vous pas ça actuel ?