Sfax j’ai vu : Honneur a un grand poète.

  • Auteur(s) : Camus
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  • commentaire(s) : 5
  • Publié le : samedi 12 novembre 2005

En bref

J’ai lu avec une grande émotion un recueil de poèmes écrit par Hédi Bouraoui, mon voisin de Moulinvillle. Le sujet du recueil est Sfax. Cet émoi est mouillé de chagrin, pour cause des changements que notre ville a subis, comme le soufre sur la plage derrière notre quartier... et d’autres.


Sfaxitude. - 21 ko

Sfaxitude.

Sfax j’ai vu

-  J’ai vu
-  Ton centre occupé
-  Des hordes des alentours
-  Visages étrangers
-  Que je ne reconnais plus

-  J’ai vu
-  Les gourbis de tes banlieues
-  Changer de peau
-  Devenir terrasses
-  De café et de négoces

-  J’ai vu
-  Surgir des vergers
-  De Aïn Fellat
-  Des zones industrielles
-  En mal de croissance

-  J’ai vu
-  La sueur et la fumée
-  Faire circuler
-  Le sang nouveau des affaires
-  Un pays en changement
-  La base de la pyramide
-  Visant son sommet

-  J’ai vu
-  Les ficus centenaires
-  Arrachés dans la douleur
-  Du cœur de tes ruelles
-  Les palmiers bannis
-  De tes Avenues
-  Un arrogant béton armé
-  Envahit Sfax la nouvelle
-  Ne laissant aucune ombre
-  A l’horizon du
-  Promeneur solitaire

-  J’ai vu
-  La verdure expatrier
-  La fraîcheur
-  Si nécessaire à
-  Tes célèbres canicules
-  Ce qui torpille
-  Le cœur de tes enfants
-  En mal de parcs à paroles

-  J’ai vu
-  Gommer chott Elkrékanna
-  Disparu ce beau port
-  Qui accueillait les pêcheurs
-  Réjouis de leurs poissons vivants
-  Ce joyau de la criée n’est plus
-  Qu’une piètre zone piétonne

-  J’ai vu
-  Le port le plus animé
-  Mourir
-  De sa belle mort
-  Un maussade carrelage
-  Couronné de fer forgé
-  N’égaie même pas
-  Les passants oisifs
-  Pas trop soucieux
-  Du charme de leur histoire

-  J’ai vu
-  Le marché central
-  Perdre
-  Le souffle de la mer
-  Sa vasque ne bat plus
-  Qu’au rythme des enchères

-  J’ai vu
-  La valse des statues
-  Disparaître et apparaître
-  Selon l’ordre du jour
-  Dont le soleil
-  Ne se décline
-  Que dans la nuit féline

-  J’ai vu
-  La beauté de tes remparts
-  Se faire placarder
-  De semonces publicitaires
-  Juste pour promouvoir
-  Des festivals d’été
-  Réclamant à corps et à cris
-  Des spectateurs en mal de joie
-  Que ne a-t-on pas laissé ces vestiges.

Merci, Hédi Bouraoui.

  • > Sfax j’ai vu : Honneur a un grand poète., le 13 novembre 2005, par FREDIB
    notre cher Camus a oublier de préciser ,qu’un recueil de poèmes , nous a été envoyé ,par Hedi Bouraoui en gage d’amitié et de fraternité,et que nous avons sa gracieuse permission de publier quoi que se soit,pour en faire profiter tous les membres de tunecity
    • > Sfax j’ai vu : Honneur a un grand poète., 13 novembre 2005, par nathan

      Fredib notre cher camus n’a pas oublier, mais notre intention est de faire inscrire Hédi pour lui laisser l’honneur de publier lui-même.

      En cas ou il ne pourra pas le faire ça sera un grand plaisir pour nous de le faire a ça place.

  • > Sfax j’ai vu : Honneur a un grand poète., le 13 novembre 2005, par FREDIB

    hedi bouraoui a vu.
    oendant mon voyage en tunisie moi aussi j’ai vu .
    mais je n’ai pas tout vu .ou plus exactement je n’ai pas voulu tout voir.

    un poissonnier originaire de sfax avec lequel j’ai engagé une conversation dans le marché de tunis. m’a raconté que, chott Elkrékanna ,était devenu une zone piétonne.
    je ne suis pas aller voir et marcher sur la tombe, ou ce vieux copain a été enterré vivant.

    un ami sfaxien ,Michel ,que j’ai rencontré aussi a tunis, m’a fait savoir que toutes les plages ont été polluées,mon ami abderezak ,qui m’a accueilli a sfax l’a confirmé.
    je ne suis pas allé ,comme je m’était promis de le faire,visiter ces trois copines que je préférais a toutes les autres,la plage de la poudrière , la plage charuel et l’École de natation ,pour ne pas les voir dans leur agonies .

  • > Sfax j’ai vu : Honneur a un grand poète., le 13 novembre 2005, par nathan

    Mon D. que d’émotion, a donner la chair de poule. Merci Hédi pour ce très beau et riche poème. C’est d’abord Joseph qui revient de Sfax avec des photos et un rapport à nous laisser clouées devant l’écran, puis viens ton super texte qui ne rate rien.

    Je crois que retrouver Sfax c’est comme on retrouve une amie d’enfance, dont on avait le béguin, une fiancée plutôt qu’on a quittée il y a 40 ou 50 ans. Puis nous voila debout devant elle, vieillie pleine de rides et les cheveux blanchies, alourdie. On ne la reconnaît même pas.

    A qui la faute peut être aux années passées, ou bien aux dirigeants de la ville et leur manque d’expérience ? Ou bien est-ce un manque de planification ? Faut il une opération esthétique ? Peut-on vaincre l’industrie qui se développe, ou l’exploitation des matières premières, ou le besoin des habitants de sortir de leurs gourbis ? Je ne le sais pas.

    Mais ce qui est sur, moi aussi je veux subir ma déception, je veux revoir ma bien-aimée, mon amie d’enfance, ma ville natale ma vielle compagne, même si le béton est momentanément vainqueur. Je me promets de le faire si D. veut dans le proche avenir.

    • > Sfax j’ai vu : Honneur a un grand poète., 13 novembre 2005, par Viviane

      Nathan tu ma sortis les mots de la bouche, je n’ais pas seulement la chair de poule, mais je sens aussi mes cheveux se dresser sur mon crâne. Je me sens devenir hérisson. Ce poème vient me confirmer ce que je ressentais déjà auparavant : la crainte d’être déçue.

      J’ai tellement peur d’arriver comme Moise a la terre promise et de ne pas y pénétrer, ou tout comme Freddy de voir la porte de notre maison et de ne pas oser demander la permission de la visiter.

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