Sfax j’ai vu : Honneur a un grand poète.J’ai lu avec une grande émotion un recueil de poèmes écrit par Hédi Bouraoui, mon voisin de Moulinvillle. Le sujet du recueil est Sfax. Cet émoi est mouillé de chagrin, pour cause des changements que notre ville a subis, comme le soufre sur la plage derrière notre quartier... et d’autres.
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Sfaxitude. |
Sfax j’ai vu
J’ai vu
Ton centre occupé
Des hordes des alentours
Visages étrangers
Que je ne reconnais plus
J’ai vu
Les gourbis de tes banlieues
Changer de peau
Devenir terrasses
De café et de négoces
J’ai vu
Surgir des vergers
De Aïn Fellat
Des zones industrielles
En mal de croissance
J’ai vu
La sueur et la fumée
Faire circuler
Le sang nouveau des affaires
Un pays en changement
La base de la pyramide
Visant son sommet
J’ai vu
Les ficus centenaires
Arrachés dans la douleur
Du cœur de tes ruelles
Les palmiers bannis
De tes Avenues
Un arrogant béton armé
Envahit Sfax la nouvelle
Ne laissant aucune ombre
A l’horizon du
Promeneur solitaire
J’ai vu
La verdure expatrier
La fraîcheur
Si nécessaire à
Tes célèbres canicules
Ce qui torpille
Le cœur de tes enfants
En mal de parcs à paroles
J’ai vu
Gommer chott Elkrékanna
Disparu ce beau port
Qui accueillait les pêcheurs
Réjouis de leurs poissons vivants
Ce joyau de la criée n’est plus
Qu’une piètre zone piétonne
J’ai vu
Le port le plus animé
Mourir
De sa belle mort
Un maussade carrelage
Couronné de fer forgé
N’égaie même pas
Les passants oisifs
Pas trop soucieux
Du charme de leur histoire
J’ai vu
Le marché central
Perdre
Le souffle de la mer
Sa vasque ne bat plus
Qu’au rythme des enchères
J’ai vu
La valse des statues
Disparaître et apparaître
Selon l’ordre du jour
Dont le soleil
Ne se décline
Que dans la nuit féline
J’ai vu
La beauté de tes remparts
Se faire placarder
De semonces publicitaires
Juste pour promouvoir
Des festivals d’été
Réclamant à corps et à cris
Des spectateurs en mal de joie
Que ne a-t-on pas laissé ces vestiges.
Merci, Hédi Bouraoui.
Fredib notre cher camus n’a pas oublier, mais notre intention est de faire inscrire Hédi pour lui laisser l’honneur de publier lui-même.
En cas ou il ne pourra pas le faire ça sera un grand plaisir pour nous de le faire a ça place.
hedi bouraoui a vu.
oendant mon voyage en tunisie moi aussi j’ai vu .
mais je n’ai pas tout vu .ou plus exactement je n’ai pas voulu tout voir.
un poissonnier originaire de sfax avec lequel j’ai engagé une conversation dans le marché de tunis. m’a raconté que, chott Elkrékanna ,était devenu une zone piétonne.
je ne suis pas aller voir et marcher sur la tombe, ou ce vieux copain a été enterré vivant.
un ami sfaxien ,Michel ,que j’ai rencontré aussi a tunis, m’a fait savoir que toutes les plages ont été polluées,mon ami abderezak ,qui m’a accueilli a sfax l’a confirmé.
je ne suis pas allé ,comme je m’était promis de le faire,visiter ces trois copines que je préférais a toutes les autres,la plage de la poudrière , la plage charuel et l’École de natation ,pour ne pas les voir dans leur agonies .
Mon D. que d’émotion, a donner la chair de poule. Merci Hédi pour ce très beau et riche poème. C’est d’abord Joseph qui revient de Sfax avec des photos et un rapport à nous laisser clouées devant l’écran, puis viens ton super texte qui ne rate rien.
Je crois que retrouver Sfax c’est comme on retrouve une amie d’enfance, dont on avait le béguin, une fiancée plutôt qu’on a quittée il y a 40 ou 50 ans. Puis nous voila debout devant elle, vieillie pleine de rides et les cheveux blanchies, alourdie. On ne la reconnaît même pas.
A qui la faute peut être aux années passées, ou bien aux dirigeants de la ville et leur manque d’expérience ? Ou bien est-ce un manque de planification ? Faut il une opération esthétique ? Peut-on vaincre l’industrie qui se développe, ou l’exploitation des matières premières, ou le besoin des habitants de sortir de leurs gourbis ? Je ne le sais pas.
Mais ce qui est sur, moi aussi je veux subir ma déception, je veux revoir ma bien-aimée, mon amie d’enfance, ma ville natale ma vielle compagne, même si le béton est momentanément vainqueur. Je me promets de le faire si D. veut dans le proche avenir.
Nathan tu ma sortis les mots de la bouche, je n’ais pas seulement la chair de poule, mais je sens aussi mes cheveux se dresser sur mon crâne. Je me sens devenir hérisson. Ce poème vient me confirmer ce que je ressentais déjà auparavant : la crainte d’être déçue.
J’ai tellement peur d’arriver comme Moise a la terre promise et de ne pas y pénétrer, ou tout comme Freddy de voir la porte de notre maison et de ne pas oser demander la permission de la visiter.