Un jour de souk.

  • Auteur(s) : Camus
  • Visite(s) : 334
  • Popularité : 12
  • commentaire(s) : 2
  • Publié le : jeudi 29 décembre 2005

En bref

J’arrive chez Daniel, et je fais mes emplettes : une livre de viande grasse pour la Mloukhïa, des boyaux, masrana pour les saucisses de légumes et de foie, la Hasbana, et un Ba’abous, une queue de bœuf, (pas la queue arriere) et ses parties intimes, pour préparer un bon plat de Akkid.


Je monte en voiture, met le contact, embraye et met marche. Les muscles d’acier poussent l’engin à l’avant, la route sera courte, j’aurai put la faire a pied mais je n’ai pas envie de soulever des paniers au retour. Les montées sont très douces. Je change les vitesses et a peine arrivé a la quatrième, je dois ralentir, tourner autour du rond point et ainsi j’arrive au second carrefour, je le dépasse et j’entame le troisième tournant. J’arrive au marché. La chaussée est bondée de véhicules, de camionnettes et d’autobus. C’est le souk de Beersheba.

Le marché central.  - 27.6 ko

Le marché central.

— Attention ! Me crie Nathan. Tu as vu ce chauffard ? Mais j’ai l’habitude de coin et je me gare aisément. Je me trouve en train de songer au marché central à Sfax, si calme, si riche et si bien entretenu...

J’enfourche mon vélo et pédale à vive allure. Je passe le café Cyrnos, je jette un rapide coup d’œil sur le passage des automobiles et tourne a gauche, puis examinant la route, je prends la droite ! Je devance la maison de Nessim Cohen, le magasin Mazouz, la demeure de la vieille Mme. Richet, "le pot de vin" de Cosette, les épiceries Bouraoui, Cha’abouni, Sadok, et la pharmacie. Voila le faiseur de beignets et zlabias, Méllouli le cycliste. Tout de suite après la station Shell, la route se divise en deux embranchements, je choisis celui menant à la ville. Je dépasse l’école de Moulinville, la maison Berguig, l’immeuble Cohen ou habitent Joseph et Michel.

Cohen le Mohel, circoncis tous les gars de Moulinville , sans honoraires et quand la famille est indigente, il apporte aussi les mets et les boissons.

La Villa du Dr. Rekik. - 24.7 ko

La Villa du Dr. Rekik.

Voila La Villa du Dr. Rekik le père du meilleur élève de ma classe, le plus jeune aussi et celle de Mm. Madar la sage femme qui nous a mis au monde et tous les enfants du quartier.

-  Ya kabletna, ya kebla mekboula, ya tounsia,
-  Na’atek khemsen, Baba eyshidek mïa.
-  O notre sage femme, sage femme de renommée, o Tunisienne,
-  Je te paierai cinquante, Papa ajoutera deux cinquantaines.

Pas loin se trouve la maison des sœurs, ya hasra que de souvenirs ! Aujourd’hui, des immeubles remplacent les maisonnettes avec jardinets où fleurissaient le jasmin, les roses et les tulipes.

Mon ami, le poète Héidi Bouraoui a poussé des grands cris quand il a vu ça.

A l’ancienne gendarmerie habitent mes amis Claude Zarouk, Robert Parienti et Jojo La Boulange,avec sa canadienne perpétuelle. Plus loin c’est le passage a niveaux, il faut s’arrêter et laisser passer le train sifflant, avec sa cheminée cheminant. Il vient de Gabès, d’après la direction. Tout juste a coté le Stade Cécaldi, la caserne et la Société des chemins de fers Sfax-Gafsa.

Je m’arrête devant les courts de tennis : des filles en jupes courtes manient les raquettes avec dextérité, j’aime leur précision, ce sport est adorable.

La Ville Arabe, la gare en face, pas loin de la maison qu’habite Aldo Catania. Près des remparts, les trente trois escaliers menant a Borj En Nar, la tour de feu, que Blum rappelle et que j’ai décrite dans un article ,Tarzan a Borj En Nar dans Tunecity.

Bab ed Diwan, le porche de la douane : avant que la mer a été repoussée, les navires arrivaient jusqu’à la, la douane se situait ici, et le phare indiquant la route aux bateaux était a Borj En Nar, La Tour De feu, d’où son nom.

Le Marché Central, se trouve entre la Ville et Pic Ville, non loin de l’école Alliance et la nouvelle synagogue. Le souk sfaxien est propre et bien entretenu. Les étalages variés de légumes, de viande et de poissons frais invitent les visiteurs a acheter tout le bien de la terre a bon prix.

J’arrive chez Daniel, et je fais mes emplettes : une livre de viande grasse pour la Mloukhïa, des boyaux, masrana pour les saucisses de légumes et de foie, la Hasbana, et un Ba’abous, une queue de bœuf, (pas la queue arrière) et ses parties intimes, pour préparer un bon plat de Akked.

Je termine mes achats au souk de Beersheba, les mêmes que j’ai cités la haut, avec un écart de cinquante ans. La ville habitée par des Tunisiens offre à ses citoyens tout ce qu’ils trouvaient à Sfax de notre jeunesse

  • > Un jour de souk., le 29 décembre 2005, par Joseph
    Toujours très évocateurs tes récits, Camus. Ils ravivent la mémoire de tous les anciens Sfaxiens nostalgiques de leur ville.
  • > Un jour de souk., le 29 décembre 2005, par nathan

    J’espère Camus, que tu prendras la bonne habitude de nous faire une promenade hebdomadaire, minimum bimensuel.

    Merci pour cette belle ballade ensoleillé.

Page valide Valid HTML 4.01!HTML 4.01, Valid CSS!CSS et accessible Level Double-A conformance 1.0, W3C-WAI Web ContentAA.